PGCD et théorème de Bézout
Résumé de cours, théorèmes et méthodes : PGCD de deux entiers, algorithme d'Euclide (justification et programme), entiers premiers entre eux, théorème de Bézout (démonstration de l'écriture du PGCD sous la forme au + bv), algorithme d'Euclide étendu, théorème de Gauss (démonstration) et résolution des équations diophantiennes ax + by = c.
Définitions
Définition 1 — PGCD. Soit non tous deux nuls. Leurs diviseurs communs positifs forment un ensemble fini non vide (il contient 1) : le plus grand d’entre eux est le PGCD de et , noté ou . Exemples : ; pour ; ; .
Définition 2 — entiers premiers entre eux. et sont premiers entre eux si , c’est-à-dire si leurs seuls diviseurs communs sont et . Exemples : 8 et 9 sont premiers entre eux (sans être des nombres premiers) ; et sont toujours premiers entre eux ; 9 et 15 ne le sont pas.
Théorèmes et propriétés
Théorème 1 (propriétés du PGCD).
- Si (avec ), alors .
- Pour : .
- Les diviseurs communs de et sont exactement les diviseurs de (conséquence de la démonstration du Théorème 3).
Exemple : les diviseurs communs de 24 et 36 sont : les diviseurs de 12.
Théorème 2 (lemme d’Euclide). (démonstration exigible) Soit , et la division euclidienne. Alors .
Démonstration : si divise et , alors divise (combinaison linéaire) ; réciproquement, si divise et , alors divise . Les couples et ont donc les mêmes diviseurs communs, et le même plus grand diviseur commun.
C’est ce lemme qui justifie l’algorithme d’Euclide (Méthode 1) : les restes successifs décroissent strictement, donc l’algorithme s’arrête, et le PGCD est le dernier reste non nul.
Théorème 3 (identité de Bézout). (démonstration exigible) Soit non tous deux nuls et . Il existe des entiers tels que
Démonstration : soit l’ensemble des entiers strictement positifs de la forme . n’est pas vide (il contient ou ) ; soit son plus petit élément. (i) : la division () donne , de la forme ; si , alors et , contradiction ; donc . De même . (ii) est le plus grand diviseur commun : car est un diviseur commun, et donc . Ainsi .
Cette démonstration montre aussi que tout diviseur commun de et divise (point 3 du Théorème 1).
Théorème 4 (théorème de Bézout). et sont premiers entre eux si et seulement s’il existe tels que .
Démonstration : le sens direct est l’identité de Bézout (Théorème 3) avec . Réciproquement, si , tout diviseur commun de et divise 1, donc .
Corollaire. Si , alors et sont premiers entre eux (diviser par ).
Attention. Pour , l’existence de avec ne prouve pas que est le PGCD : mais . Elle prouve seulement que le PGCD divise .
Théorème 5 (théorème de Gauss). (démonstration exigible) Soit des entiers. Si et si et sont premiers entre eux, alors .
Démonstration : par Bézout (Théorème 4), il existe avec . En multipliant par : . Or et donc ; par combinaison linéaire, .
Corollaires.
- Si est premier et , alors ou (car si , alors ).
- Si , et , alors . (Démonstration : et avec premier avec , donc : et .)
Exemples : car ; un entier divisible par 3 et par 4 est divisible par 12. En revanche sans que 6 divise 2 ou 3 : l’hypothèse « premiers entre eux » est indispensable.
Théorème 6 (équation diophantienne ). L’équation (avec entiers non nuls) admet des solutions entières si et seulement si divise . Elle en admet alors une infinité.
Démonstration : soit . Si est solution, divise . Réciproquement, si , l’identité de Bézout (Théorème 3) donne .
Méthodes
Méthode 1 — calculer un PGCD par l’algorithme d’Euclide.
- Effectuer la division euclidienne de par : .
- Remplacer par et recommencer tant que le reste n’est pas nul (Théorème 2).
- Le PGCD est le dernier reste non nul.
Exemple : : , , , donc . De même .
def pgcd(a, b):
"""Algorithme d'Euclide : PGCD de deux entiers naturels."""
while b != 0:
a, b = b, a % b # (a, b) <- (b, reste)
return a
print(pgcd(252, 105)) # 21
Méthode 2 — trouver un couple de Bézout (algorithme d’Euclide étendu).
- Effectuer l’algorithme d’Euclide (Méthode 1).
- Remonter les égalités en partant de la dernière de reste non nul, en exprimant chaque reste comme combinaison de et .
- Vérifier le couple obtenu par un calcul direct. Le couple n’est pas unique : si convient pour , alors convient aussi.
Exemple : , : , . Remontée : , donc . Autre exemple : , donc .
def bezout(a, b):
"""Renvoie (d, u, v) avec d = PGCD(a, b) et a*u + b*v = d."""
u0, v0, u1, v1 = 1, 0, 0, 1 # a = 1*a + 0*b ; b = 0*a + 1*b
while b != 0:
q, r = a // b, a % b
a, b = b, r
u0, u1 = u1, u0 - q * u1 # on met a jour les coefficients
v0, v1 = v1, v0 - q * v1
return a, u0, v0
print(bezout(35, 12)) # (1, -1, 3)
print(bezout(252, 105)) # (21, -2, 5)
Méthode 3 — montrer que deux entiers sont premiers entre eux.
- Exhiber une relation de Bézout (Théorème 4), souvent en combinant les deux expressions ; ou montrer qu’un diviseur commun divise 1 (combinaison linéaire) ; ou appliquer le lemme d’Euclide (Théorème 2) si la division est simple.
- Application aux fractions : est irréductible si et seulement si et sont premiers entre eux ; on rend une fraction irréductible en divisant par le PGCD (corollaire du Théorème 4).
Exemple : donc . Fraction : après division par 21.
Méthode 4 — résoudre une équation diophantienne .
- Calculer ; si , pas de solution (Théorème 6). Sinon diviser l’équation par : on se ramène à avec et premiers entre eux.
- Trouver une solution particulière : par tâtonnement, ou en multipliant un couple de Bézout (Méthode 2) par .
- Soustraire : ; comme et , le Théorème 5 (Gauss) donne , d’où puis , .
- Vérifier réciproquement que tous ces couples conviennent.
Exemple : : solution particulière ; , Gauss donne , d’où et . Exemple sans solution : car . Exemple avec Bézout : : de , on tire , puis , .
Méthode 5 — résoudre un problème de PGCD en posant , .
- Si est imposé, poser et avec et premiers entre eux (corollaire du Théorème 4).
- Traduire les autres contraintes sur et résoudre ce problème plus petit.
- Revenir à en multipliant par , et vérifier.
Exemple : couples tels que et : , avec et ; les couples valables sont , d’où .
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