Maths Experte Nombres complexes équationspolynômesracinescomplexessecond degréfactorisationdegré 3

Équations dans ℂ

Résumé de cours, théorèmes et méthodes : second degré à coefficients réels, somme et produit des racines, racines conjuguées, factorisation de zⁿ − aⁿ, factorisation par z − a lorsque P(a) = 0, nombre maximal de racines, résolution d'une équation de degré 3 dont une racine est connue, racines carrées d'un nombre complexe.

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Définitions

Définition 1 — polynôme. On appelle polynôme (ou fonction polynôme) de degré nn toute fonction P:z↦anzn+an−1zn−1+⋯+a1z+a0P : z \mapsto a_nz^n + a_{n-1}z^{n-1} + \cdots + a_1z + a_0 avec an≠0a_n \neq 0, définie sur C\mathbb{C}. Les aka_k sont ses coefficients ; dans ce chapitre ils sont le plus souvent réels.

Définition 2 — racine. Une racine de PP est un nombre aa (réel ou complexe) tel que P(a)=0P(a) = 0. Résoudre une équation polynomiale dans C\mathbb{C}, c’est trouver toutes ses racines.

Théorèmes et propriétés

Théorème 1 (identification des coefficients) (admis). Si une fonction polynôme est nulle (pour tout zz), alors tous ses coefficients sont nuls. Par conséquent, deux polynômes égaux ont les mêmes coefficients : c’est le principe d’identification des coefficients, utilisé dans toutes les factorisations de ce chapitre.

Théorème 2 (second degré à coefficients réels). (démonstration exigible pour Δ<0\Delta < 0 : forme canonique a[(z+b2a)2−Δ4a2]a\left[\left(z + \frac{b}{2a}\right)^2 - \frac{\Delta}{4a^2}\right], puis −Δ4a2=−(i−Δ2a)2-\frac{\Delta}{4a^2} = -\left(\frac{i\sqrt{-\Delta}}{2a}\right)^2 et différence de deux carrés). Soit az2+bz+c=0az^2 + bz + c = 0 avec a,b,ca, b, c réels, a≠0a \neq 0, et Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac.

  • Si Δ>0\Delta > 0 : deux solutions réelles z=−b±Δ2az = \dfrac{-b \pm \sqrt\Delta}{2a}.
  • Si Δ=0\Delta = 0 : une solution réelle double z=−b2az = -\dfrac{b}{2a}.
  • Si Δ<0\Delta < 0 : deux solutions complexes conjuguées z=−b±i−Δ2az = \dfrac{-b \pm i\sqrt{-\Delta}}{2a}.

Dans tous les cas, az2+bz+c=a(z−z1)(z−z2)az^2 + bz + c = a(z - z_1)(z - z_2).

Théorème 3 (somme et produit des racines). Si z1,z2z_1, z_2 sont les racines de az2+bz+caz^2 + bz + c (a≠0a \neq 0), alors

z1+z2=−baz1z2=caz_1 + z_2 = -\frac{b}{a} \qquad z_1z_2 = \frac{c}{a}

(on développe a(z−z1)(z−z2)a(z - z_1)(z - z_2) et on identifie, Théorème 1). Réciproquement, deux nombres de somme ss et de produit pp sont les solutions de z2−sz+p=0z^2 - sz + p = 0.

Théorème 4 (racines conjuguées). (démonstration exigible : P(z0)‾=∑ak‾ z0‾ k=∑akz0‾ k=P(z0‾)\overline{P(z_0)} = \sum \overline{a_k}\,\overline{z_0}^{\,k} = \sum a_k\overline{z_0}^{\,k} = P(\overline{z_0}) car les aka_k sont réels). Si PP est un polynôme à coefficients réels et P(z0)=0P(z_0) = 0, alors P(z0‾)=0P(\overline{z_0}) = 0 : les racines non réelles vont par paires conjuguées. Piège : c’est faux si les coefficients ne sont pas tous réels.

Théorème 5 (factorisation de zn−anz^n - a^n). (démonstration exigible : développer le produit et constater que la somme est télescopique, il ne reste que zn−anz^n - a^n). Pour tout entier n≥1n \geq 1 et tout a∈Ca \in \mathbb{C} :

zn−an=(z−a)(zn−1+azn−2+a2zn−3+⋯+an−2z+an−1)=(z−a)∑k=0n−1akzn−1−kz^n - a^n = (z - a)\left(z^{n-1} + az^{n-2} + a^2z^{n-3} + \cdots + a^{n-2}z + a^{n-1}\right) = (z - a)\sum_{k=0}^{n-1}a^kz^{n-1-k}

Exemples : z2−a2=(z−a)(z+a)z^2 - a^2 = (z - a)(z + a) ; z3−8=(z−2)(z2+2z+4)z^3 - 8 = (z - 2)(z^2 + 2z + 4) ; z4−16=(z−2)(z3+2z2+4z+8)z^4 - 16 = (z - 2)(z^3 + 2z^2 + 4z + 8).

Théorème 6 (factorisation par z−az - a). (démonstration exigible : P(z)=P(z)−P(a)=∑k=1nak(zk−ak)P(z) = P(z) - P(a) = \sum_{k=1}^{n}a_k(z^k - a^k), et chaque zk−akz^k - a^k se factorise par (z−a)(z - a) d’après le Théorème 5). Soit PP un polynôme de degré n≥1n \geq 1 et a∈Ca \in \mathbb{C}. Si P(a)=0P(a) = 0, il existe un polynôme QQ de degré n−1n - 1 tel que P(z)=(z−a)Q(z)P(z) = (z - a)Q(z) pour tout zz. La réciproque est immédiate : aa est racine de PP si et seulement si PP est factorisable par z−az - a.

Théorème 7 (nombre de racines). (démonstration exigible, par récurrence : un degré 1 a exactement une racine ; si PP de degré n+1n + 1 a une racine aa, alors P=(z−a)QP = (z - a)Q avec deg⁡Q=n\deg Q = n, et toute autre racine de PP est racine de QQ). Un polynôme de degré n≥1n \geq 1 admet au plus nn racines distinctes dans C\mathbb{C}.

Conséquences : si l’on a trouvé nn racines distinctes d’un polynôme de degré nn, on les a toutes (exemple : 1,i,−1,−i1, i, -1, -i sont les seules solutions de z4=1z^4 = 1) ; un polynôme qui a une infinité de racines est le polynôme nul ; un degré nn peut avoir strictement moins de nn racines ((z−1)5(z - 1)^5 n’a que la racine 1). Remarque (analyse) : un polynôme à coefficients réels de degré impair admet au moins une racine réelle (limites de signes contraires en ±∞\pm\infty et théorème des valeurs intermédiaires).

Méthodes

Méthode 1 — résoudre une équation du second degré à coefficients réels.

  1. Calculer Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac.
  2. Si Δ≥0\Delta \geq 0, appliquer les formules réelles ; si Δ<0\Delta < 0, écrire z=−b±i−Δ2az = \dfrac{-b \pm i\sqrt{-\Delta}}{2a} (Théorème 2).
  3. Vérifier avec la somme et le produit des racines (Théorème 3).

Exemple : z2−2z+5=0z^2 - 2z + 5 = 0 : Δ=−16\Delta = -16, z=2±4i2=1±2iz = \frac{2 \pm 4i}{2} = 1 \pm 2i ; somme 22, produit 55.

Méthode 2 — résoudre z2=−d2z^2 = -d^2 (d>0d > 0).

  1. Écrire −d2=(id)2-d^2 = (id)^2, puis z2−(id)2=(z−id)(z+id)=0z^2 - (id)^2 = (z - id)(z + id) = 0.
  2. Conclure : z=idz = id ou z=−idz = -id. On n’écrit jamais −9\sqrt{-9} : il n’y a pas de racine carrée privilégiée dans C\mathbb{C}.

Exemple : z2=−9  ⟺  z=±3iz^2 = -9 \iff z = \pm 3i ; z2+4=0  ⟺  z=±2iz^2 + 4 = 0 \iff z = \pm 2i.

Méthode 3 — trouver deux nombres de somme ss et de produit pp donnés.

  1. Former l’équation z2−sz+p=0z^2 - sz + p = 0 (Théorème 3, réciproque).
  2. La résoudre avec la Méthode 1.

Exemple : somme 4 et produit 13 : z2−4z+13=0z^2 - 4z + 13 = 0, Δ=−36\Delta = -36, les nombres sont 2±3i2 \pm 3i.

Méthode 4 — factoriser PP par (z−a)(z - a) par identification.

  1. Vérifier que P(a)=0P(a) = 0 : le Théorème 6 garantit P(z)=(z−a)Q(z)P(z) = (z - a)Q(z) avec deg⁡Q=deg⁡P−1\deg Q = \deg P - 1.
  2. Écrire Q(z)=αzn−1+⋯Q(z) = \alpha z^{n-1} + \cdots avec des coefficients inconnus, développer (z−a)Q(z)(z - a)Q(z).
  3. Identifier coefficient par coefficient (Théorème 1) et vérifier avec un coefficient non utilisé.

Exemple : P(z)=z3−3z2+4z−2P(z) = z^3 - 3z^2 + 4z - 2, P(1)=0P(1) = 0 ; (z−1)(αz2+βz+γ)(z - 1)(\alpha z^2 + \beta z + \gamma) donne α=1\alpha = 1, β=−2\beta = -2, γ=2\gamma = 2 (et on vérifie γ−β=4\gamma - \beta = 4) : P(z)=(z−1)(z2−2z+2)P(z) = (z - 1)(z^2 - 2z + 2).

Méthode 5 — résoudre une équation de degré 3 dont une racine est connue.

  1. Vérifier que la racine indiquée aa annule PP.
  2. Factoriser P(z)=(z−a)(αz2+βz+γ)P(z) = (z - a)(\alpha z^2 + \beta z + \gamma) par identification (Méthode 4).
  3. Résoudre l’équation du second degré obtenue (Méthode 1, discriminant éventuellement négatif).
  4. Conclure : les solutions sont aa et les racines de QQ.

Exemple : z3−3z2+4z−2=0z^3 - 3z^2 + 4z - 2 = 0 : racine évidente 1, puis z2−2z+2=0z^2 - 2z + 2 = 0 donne 1±i1 \pm i ; solutions {1 ; 1+i ; 1−i}\{1\,;\,1 + i\,;\,1 - i\}. De même z3+z2+z+1=(z+1)(z2+1)z^3 + z^2 + z + 1 = (z + 1)(z^2 + 1) donne {−1 ; i ; −i}\{-1\,;\,i\,;\,-i\}.

Méthode 6 — utiliser le nombre maximal de racines.

  1. Compter les solutions distinctes déjà trouvées.
  2. Si leur nombre égale le degré, conclure par le Théorème 7 : ce sont toutes les solutions.

Exemple : 1,i,−1,−i1, i, -1, -i sont quatre solutions distinctes de z4=1z^4 = 1 (degré 4) : ce sont les seules.

Méthode 7 — racines carrées d’un nombre complexe.

  1. Chercher z=x+iyz = x + iy tel que z2=Zz^2 = Z : identifier x2−y2=Re(Z)x^2 - y^2 = \text{Re}(Z) et 2xy=Im(Z)2xy = \text{Im}(Z).
  2. Ajouter l’équation des modules : x2+y2=∣Z∣x^2 + y^2 = |Z|.
  3. En déduire x2x^2 et y2y^2, puis apparier les signes avec le signe de xyxy. Ceci permet de résoudre une équation du second degré à coefficients complexes avec la formule z=−b±δ2az = \dfrac{-b \pm \delta}{2a} où δ2=Δ\delta^2 = \Delta.

Exemple : z2=3+4iz^2 = 3 + 4i : x2−y2=3x^2 - y^2 = 3, 2xy=42xy = 4, x2+y2=5x^2 + y^2 = 5, d’où x2=4x^2 = 4, y2=1y^2 = 1, xy>0xy > 0 : z=2+iz = 2 + i ou z=−2−iz = -2 - i.

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