Divisibilité dans ℤ
Résumé de cours, théorèmes et méthodes : divisibilité dans ℤ, propriétés (transitivité, combinaisons linéaires), division euclidienne d'un entier relatif par un entier naturel non nul (existence et unicité), détermination des diviseurs d'un entier, résolution de problèmes de divisibilité et introduction aux congruences.
Définitions
Définition 1 — diviseur et multiple. Soit . On dit que divise , ou que est un multiple de , et on note , s’il existe un entier tel que . Exemples : car ; car ; . Les diviseurs de 12 dans sont . Remarques : et divisent tout entier ; tout entier divise (car ) ; ne divise que ; si , alors et (on peut se limiter aux diviseurs positifs, sans oublier de rétablir les signes).
Définition 2 — entiers pairs et impairs. Un entier est pair s’il s’écrit () et impair s’il s’écrit . Tout entier est pair ou impair, et jamais les deux : c’est la division euclidienne par 2 (Théorème 2).
Définition 3 — congruence modulo . Soit . Deux entiers et sont congrus modulo , noté , si , ce qui équivaut à : et ont le même reste dans la division euclidienne par . Exemples : et . Cette relation, compatible avec l’addition et la multiplication, fait l’objet du chapitre Congruences.
Théorèmes et propriétés
Théorème 1 (propriétés de la divisibilité). (démonstrations exigibles pour 3 et 4) Pour :
- (réflexivité).
- Si et , alors (transitivité).
- Si et , alors pour tous (combinaison linéaire). En particulier et .
- Si et , alors ou .
- Si et , alors : un entier non nul n’a qu’un nombre fini de diviseurs.
Démonstration de 3 : et donnent . Démonstration de 4 : si alors ; sinon et donnent , donc ou .
Attention. n’entraîne pas ou : mais et . Ce sera vrai si est premier (théorème de Gauss, chapitre PGCD).
Théorème 2 (division euclidienne). (démonstration exigible : existence et unicité) Soit et . Il existe un unique couple tel que
est le quotient et le reste de la division euclidienne de par .
Démonstration. Existence : les multiples de partagent en intervalles ; il existe donc avec , et vérifie . Unicité : si , alors avec ; le seul multiple de strictement compris entre et est 0, donc puis .
Exemples : (quotient 289, reste 1) ; (quotient , reste 3 : l’égalité est vraie mais , ce n’est pas la division euclidienne). On peut aussi diviser par quelconque avec la condition .
# Quotient et reste en Python : // et % suivent la convention 0 <= r < b pour b > 0
a, b = -17, 5
q, r = a // b, a % b # q = -4, r = 3
print(a == b * q + r) # True
Théorème 3 (divisibilité et reste). si et seulement si le reste de la division euclidienne de par est nul.
Théorème 4 (entiers consécutifs). Parmi entiers consécutifs, l’un exactement est divisible par . En particulier est pair et est divisible par pour tout entier .
Démonstration (pour , par disjonction de cas) : si , alors ; si , alors et .
Méthodes
Méthode 1 — déterminer les diviseurs d’un entier.
- Tester les entiers tels que .
- Pour chaque diviseur trouvé, noter aussi le diviseur associé (si , il est associé à lui-même).
- Pour des diviseurs communs à deux entiers, lister les diviseurs de chacun puis croiser les listes.
Exemple : , : divisent 36, d’où les neuf diviseurs . Diviseurs communs de 24 et 36 : , c’est-à-dire les diviseurs de .
def diviseurs(n):
"""Liste triée des diviseurs positifs de n >= 1."""
petits, grands = [], []
d = 1
while d * d <= n:
if n % d == 0:
petits.append(d)
if d != n // d:
grands.append(n // d)
d += 1
return petits + grands[::-1]
print(diviseurs(36)) # [1, 2, 3, 4, 6, 9, 12, 18, 36]
Méthode 2 — se ramener à un diviseur fixe pour résoudre .
- Faire apparaître : écrire .
- Utiliser la combinaison linéaire (Théorème 1) : .
- Lister les diviseurs de dans (sans oublier les négatifs) et en déduire les valeurs de .
Exemple : : , donc , soit et .
Méthode 3 — transférer une divisibilité.
- Multiplier l’expression divisible par un entier bien choisi.
- Retirer un multiple évident du diviseur et conclure par combinaison linéaire (Théorème 1).
- Pour une équivalence, vérifier aussi la réciproque.
Exemple : si , alors , donc . Réciproquement, . Ainsi .
Méthode 4 — raisonner par disjonction de cas.
- Écrire l’entier selon ses restes possibles dans une division euclidienne bien choisie ( ou pour la parité ; , ou modulo 3…).
- Traiter chaque cas par le calcul.
- Conclure : la propriété est vraie dans tous les cas.
Exemple : reste de par 8 : et est pair (Théorème 4), donc : le carré d’un impair a pour reste 1 dans la division par 8. Autre exemple : est divisible par 3 comme produit de trois entiers consécutifs.
Méthode 5 — résoudre une équation dans par factorisation.
- Factoriser l’équation sous la forme (produit de deux expressions entières) constante.
- Lister les couples de diviseurs de la constante compatibles avec les contraintes (signe, ordre).
- Résoudre le petit système obtenu pour chaque couple, puis vérifier.
Exemple : couples tels que : avec , donc , d’où .
Quiz — Divisibilité dans ℤ
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