Forme trigonométrique et exponentielle des complexes
Résumé de cours, théorèmes et méthodes : argument et forme trigonométrique, formules d'addition et de duplication, exponentielle imaginaire et relation fonctionnelle, forme exponentielle, formules d'Euler et de Moivre, linéarisation, calcul de puissances et valeurs trigonométriques exactes.
Définition 1 — argument. Dans le plan complexe muni du repère orthonormé direct (O;u,v), pour z=0 d’image M, un argument de z, noté argz, est une mesure en radians de l’angle orienté (u,OM). Il est défini modulo 2π ; le nombre 0 n’a pas d’argument.
Définition 2 — forme trigonométrique. Pour z=0, l’écriture z=r(cosθ+isinθ) avec r=∣z∣>0 et θ=argz est la forme trigonométrique de z. Piège : le facteur devant la parenthèse doit être strictement positif ; −2(cos3π+isin3π) n’est pas une forme trigonométrique (on écrit 2(cos34π+isin34π)).
Définition 3 — exponentielle imaginaire. Pour tout réel θ, on pose eiθ=cosθ+isinθ : c’est le nombre complexe de module 1 et d’argument θ, et U={eiθ;θ∈R}. Valeurs à connaître : ei0=1, eiπ/2=i, eiπ=−1, e−iπ/2=−i, e2iπ=1, eiπ/4=22(1+i), eiπ/3=21+i23.
Définition 4 — forme exponentielle. Tout z=0 s’écrit z=reiθ avec r=∣z∣>0 et θ=argz : c’est la forme exponentielle de z. Comme pour la forme trigonométrique, le module doit être strictement positif : −2eiπ/2 n’est pas une forme exponentielle (on écrit 2e−iπ/2 pour −2i).
Théorèmes et propriétés
Théorème 1 (caractérisation de l’argument). Pour z=a+ib=0 et r=∣z∣, le réel θ est un argument de z si et seulement si
cosθ=raetsinθ=rb
Piège : il faut vérifier les deux conditions (cosθ=−22 est satisfait par 43π et par −43π). Réciproquement, si z=r(cosθ+isinθ) avec r>0, alors ∣z∣=r et argz≡θ[2π]. Cas particuliers : z réel strictement positif ⟺argz≡0[2π] ; réel strictement négatif ⟺argz≡π[2π] ; imaginaire pur non nul ⟺argz≡2π[π].
Théorème 2 (formules d’addition et de duplication).(démonstration exigible de cos(a−b) par le produit scalaire : avec A(cosa;sina) et B(cosb;sinb) sur le cercle trigonométrique, OA⋅OB vaut cosacosb+sinasinb en coordonnées et cos(a−b) par la définition géométrique). Pour tous réels a,b :
Duplication (b=a) : cos2a=cos2a−sin2a=2cos2a−1=1−2sin2a et sin2a=2sinacosa.
Exemple : cos12π=cos(3π−4π)=21⋅22+23⋅22=42+6.
Théorème 3 (relation fonctionnelle).(démonstration exigible : on développe le produit (cosθ+isinθ)(cosθ′+isinθ′) et on reconnaît les formules d’addition du Théorème 2). Pour tous réels θ,θ′ :
En termes d’arguments (modulo 2π) : arg(zz′)=argz+argz′, argz′z=argz−argz′, arg(zn)=nargz, argzˉ=−argz. Égalité : reiθ=r′eiθ′⟺r=r′ et θ≡θ′[2π].
Théorème 5 (formules d’Euler).(démonstration exigible : additionner ou soustraire eiθ=cosθ+isinθ et e−iθ=cosθ−isinθ). Pour tout réel θ :
cosθ=2eiθ+e−iθsinθ=2ieiθ−e−iθ
Théorème 6 (formule de Moivre).(démonstration exigible, par récurrence à partir de la relation fonctionnelle du Théorème 3, puis (eiθ)−1=e−iθ pour les exposants négatifs). Pour tout réel θ et tout entier n :
(cosθ+isinθ)n=cos(nθ)+isin(nθ)soit(eiθ)n=einθ
Méthodes
Méthode 1 — passer de la forme algébrique à la forme exponentielle.
Calculer le module r=a2+b2.
Factoriser z=r(ra+irb) et chercher θ tel que cosθ=raetsinθ=rb (Théorème 1), en reconnaissant des valeurs remarquables.
Conclure : z=reiθ.
Exemple : z=−3+i : r=2, cosθ=−23, sinθ=21, donc θ=65π et z=2e5iπ/6.
Méthode 2 — passer de la forme exponentielle à la forme algébrique.
Remplacer eiθ par cosθ+isinθ (Définition 3).
Évaluer le cosinus et le sinus, puis développer.
Exemple : 2e2iπ/3=2(−21+i23)=−1+i3.
Méthode 3 — calculer un produit, un quotient, une puissance en forme exponentielle.
Mettre chaque facteur en forme exponentielle (Méthode 1).
Appliquer le Théorème 4 : les modules se multiplient (ou se divisent), les arguments s’ajoutent (ou se soustraient) ; pour une puissance, zn=rneinθ.
Réduire l’argument modulo 2π et, si demandé, revenir en forme algébrique (Méthode 2). Règle de choix : forme algébrique pour additionner et identifier, forme exponentielle pour multiplier, diviser, élever à une puissance.
Exemple : (1+i)10=(2)10e10iπ/4=32e5iπ/2=32eiπ/2=32i ; (1+i)(3+i)=2eiπ/4⋅2eiπ/6=22e5iπ/12.
Méthode 4 — linéariser cosnθ ou sinnθ.
Remplacer cosθ par 2eiθ+e−iθ ou sinθ par 2ieiθ−e−iθ (Théorème 5).
Développer avec la formule du binôme.
Regrouper les termes conjugués eikθ+e−ikθ=2cos(kθ) (ou eikθ−e−ikθ=2isin(kθ)). Utile pour calculer intégrales et primitives.
Exemple : cos2θ=4e2iθ+2+e−2iθ=21+cos2θ ; sin3θ=43sinθ−sin3θ ; et ∫0π/2cos3tdt=∫0π/24cos3t+3costdt=32.
Méthode 5 — exprimer cos(nθ) et sin(nθ) en fonction de cosθ et sinθ.
Développer avec le binôme et identifier parties réelle et imaginaire.
Si besoin, remplacer sin2θ par 1−cos2θ.
Exemple (n=3) : cos3θ=cos3θ−3cosθsin2θ=4cos3θ−3cosθ et sin3θ=3sinθ−4sin3θ.
Méthode 6 — technique de l’angle moitié et sommes trigonométriques.
Factoriser par l’exponentielle de l’angle moitié : 1+eiθ=eiθ/2(e−iθ/2+eiθ/2)=2cos2θeiθ/2 ; de même eia+eib=2cos2a−bei(a+b)/2.
Pour S=∑k=0ncos(kθ) : écrire S=Re(∑k=0neikθ), somme géométrique de raison eiθ, puis simplifier 1−eiθ1−ei(n+1)θ avec l’angle moitié.
Exemple : cosa+cosb=2cos2a+bcos2a−b s’obtient en prenant la partie réelle de eia+eib.
Méthode 7 — déterminer des valeurs trigonométriques exactes par double calcul.
Calculer un même nombre z de deux façons : en forme exponentielle (Méthode 3) et en forme algébrique (Méthode 1 du chapitre précédent pour un quotient).
Écrire z=r(cosθ+isinθ) et identifier parties réelle et imaginaire.
En déduire cosθ et sinθ.
Exemple : z=3−i1+i=22e5iπ/12 (exponentielle) et z=43−1+i43+1 (algébrique), d’où cos125π=46−2 et sin125π=46+2.
Quiz — Forme trigonométrique et exponentielle
10 questions · correction immédiate · sans inscription