Somme de variables aléatoires
Rappels sur les variables aléatoires (loi, espérance, variance, transformation affine), linéarité de l'espérance, additivité de la variance pour des variables indépendantes, espérance et variance de la loi binomiale (démonstration), somme et moyenne d'un échantillon.
Définitions
(Définitions 1-3 : rappels sur les variables aléatoires, section 11.1 ; Définitions 4-5 et la suite : somme de variables aléatoires, section 11.2.)
Définition 1 — Variable aléatoire. Soit l’univers fini d’une expérience aléatoire. Une variable aléatoire est une fonction de dans . L’événement est l’ensemble des issues telles que . Pour et définies sur le même univers, la variable associe à chaque issue le nombre .
Définition 2 — Loi de probabilité. La loi de est la donnée de ses valeurs et des probabilités , avec . On la présente en tableau.
Définition 3 — Espérance, variance, écart-type. L’espérance est aussi la moyenne pondérée sur les issues : . L’écart-type est l’unité naturelle pour mesurer l’éloignement de à .
Définition 4 — Variables indépendantes. Dans le modèle de la succession d’épreuves indépendantes, des variables attachées à des épreuves différentes (le résultat du premier dé, celui du second) sont dites indépendantes : pour toutes valeurs , , . L’indépendance fait partie du modèle ; on n’a pas à la démontrer.
Définition 5 — Échantillon de taille . Liste de variables aléatoires indépendantes et de même loi, d’espérance et de variance (par exemple répétitions indépendantes de la même expérience). On note et (moyenne de l’échantillon).
Théorèmes et propriétés
Théorème 1 (linéarité de l’espérance). Pour toutes variables aléatoires , sur le même univers et tous réels , : Ces égalités sont toujours vraies, sans hypothèse d’indépendance, et s’étendent à variables : . On peut ainsi calculer sans connaître la loi de , en décomposant en somme de variables simples.
Théorème 2 (formule de König-Huygens). .
Théorème 3 (variance et transformation affine). La constante décale les valeurs sans changer la dispersion ; le facteur sort au carré de la variance. En particulier .
Théorème 4 (additivité de la variance, admis). Si et sont indépendantes : Extension à variables indépendantes : . En combinant avec le Théorème 3 : pour , indépendantes. Contre-exemple sans indépendance : donne .
Théorème 5 (espérance et variance de la loi binomiale). (démonstration exigible) Si : Démonstration : où vaut 1 si la -ème épreuve est un succès ; chaque suit avec , , et les sont indépendantes. Le Théorème 1 donne ; le Théorème 4 donne .
Théorème 6 (somme et moyenne d’un échantillon). Pour un échantillon de taille d’une loi d’espérance et de variance :
| Espérance | Variance | Écart-type | |
|---|---|---|---|
| Somme | |||
| Moyenne |
Preuve pour : et . L’écart-type de la moyenne décroît en : c’est l’origine de la loi des grands nombres (voir « Loi des grands nombres »).
Méthodes
Méthode 1 — calculer , , à partir de la loi.
- Présenter la loi en tableau : valeurs , probabilités (Définition 2).
- Calculer (Définition 3).
- Calculer puis (Théorème 2), et .
Exemple. prend , , avec , , : , , , .
Méthode 2 — transformer une variable ().
- Espérance : (Théorème 1) — la constante reste.
- Variance : et (Théorème 3) — la constante disparaît.
Exemple. , : et .
Méthode 3 — décomposer en somme de variables simples (espérance d’une somme).
- Écrire avec des variables simples (indicatrices valant 0 ou 1, résultat de chaque épreuve).
- Calculer pour chaque .
- Conclure par linéarité (Théorème 1), sans chercher la loi de (pour un nombre de succès, on retrouve le Théorème 5).
Exemple. Somme de 50 dés : . Tireur à , 3 tirs : .
Méthode 4 — calculer la variance d’une somme de variables indépendantes.
- Justifier l’indépendance : variables attachées à des épreuves distinctes (Définition 4).
- Additionner les variances (Théorème 4) ; pour une différence, (Théorème 3).
- Pour l’écart-type, prendre la racine de la somme des variances : les écarts-types ne s’additionnent jamais.
Exemple. Deux dés indépendants, : , .
Méthode 5 — somme et moyenne d’un échantillon.
- Identifier , et la taille (Définition 5).
- Appliquer le Théorème 6 : , , .
- Pour viser un écart-type de moyenne donné, résoudre : diviser par exige de multiplier par .
Exemple. , : . Pour , il faut .
Méthode 6 — gain algébrique d’un jeu.
- Définir = recette moins mise, pour chaque issue du jeu.
- Donner la loi de puis calculer (Définition 3), ou écrire et utiliser le Théorème 1.
- Interpréter : le jeu est équitable si , favorable au joueur si .
Exemple. Mise 2 €, recette 10 € avec probabilité : , jeu équitable.
Méthode 7 — vérifier par simulation. On simule échantillons de taille et on compare la dispersion des moyennes à .
from random import randint
def moyenne_de(n): # moyenne de n lancers de dé
s = 0
for _ in range(n):
s = s + randint(1, 6)
return s / n
moyennes = [moyenne_de(100) for _ in range(1000)]
Exemple. Pour un dé (, ) et , les 1000 moyennes se répartissent autour de avec un écart-type proche de .
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