Terminale générale Géométrie dans l'espace produit scalaireorthogonalitéespacedistanceprojeté orthogonalvecteur normaléquation cartésienneintersectionplan médiateur

Produit scalaire et applications

Résumé de cours : produit scalaire de l'espace, bilinéarité, norme et distance en repère orthonormé, vecteur normal, équation cartésienne d'un plan, projeté orthogonal, intersections droite-plan et plan-plan, plan médiateur, avec théorèmes et méthodes numérotés.

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Définitions

Définition 1 — produit scalaire de deux vecteurs de l’espace. Deux vecteurs u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} admettent toujours des représentants AB→\overrightarrow{AB}, AC→\overrightarrow{AC} dans un même plan ; leur produit scalaire est celui calculé dans ce plan : u⃗⋅v⃗=∥u⃗∥ ∥v⃗∥cos⁡(u⃗,v⃗)(u⃗⋅v⃗=0 si l’un est nul).\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\|\,\|\vec{v}\|\cos(\vec{u}, \vec{v}) \qquad (\vec{u} \cdot \vec{v} = 0 \text{ si l'un est nul}).

Définition 2 — vecteurs orthogonaux. u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} non nuls sont orthogonaux si leurs directions sont perpendiculaires ; le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur.

Définition 3 — base et repère orthonormés. Une base (i⃗,j⃗,k⃗)(\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}) est orthonormée si ses vecteurs sont deux à deux orthogonaux et de norme 1 ; un repère est orthonormé si sa base l’est.

Définition 4 — droites orthogonales, droite orthogonale à un plan. Deux droites sont orthogonales si leurs vecteurs directeurs sont orthogonaux (elles sont perpendiculaires si elles sont de plus sécantes). Une droite est orthogonale à un plan si elle est orthogonale à toutes les droites de ce plan.

Définition 5 — vecteur normal. Un vecteur n⃗≠0⃗\vec{n} \neq \vec{0} est normal à un plan P\mathcal{P} s’il dirige une droite orthogonale à P\mathcal{P}.

Définition 6 — projeté orthogonal. Le projeté orthogonal de MM sur une droite dd est le point H∈dH \in d tel que HM→\overrightarrow{HM} soit orthogonal à un vecteur directeur de dd ; sur un plan P\mathcal{P}, c’est le point HH, intersection de P\mathcal{P} et de la droite passant par MM dirigée par un vecteur normal.

Définition 7 — plan médiateur. Le plan médiateur de [AB][AB] est l’ensemble des points MM tels que MA=MBMA = MB.

Théorèmes et propriétés

Théorème 1 (propriétés du produit scalaire).

PropriétéÉnoncé
Symétrieu⃗⋅v⃗=v⃗⋅u⃗\vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{v} \cdot \vec{u}
Bilinéaritéu⃗⋅(av⃗+bw⃗)=a u⃗⋅v⃗+b u⃗⋅w⃗\vec{u} \cdot (a\vec{v} + b\vec{w}) = a\,\vec{u} \cdot \vec{v} + b\,\vec{u} \cdot \vec{w} (et de même à gauche)
Carré scalaireu⃗⋅u⃗=∥u⃗∥2\vec{u} \cdot \vec{u} = \|\vec{u}\|^2

Théorème 2 (caractérisation de l’orthogonalité). u⃗⊥v⃗  ⟺  u⃗⋅v⃗=0\vec{u} \perp \vec{v} \iff \vec{u} \cdot \vec{v} = 0.

Théorème 3 (expressions en repère orthonormé). Pour u⃗ (x ; y ; z)\vec{u}\,(x\,;\,y\,;\,z) et v⃗ (x′ ; y′ ; z′)\vec{v}\,(x'\,;\,y'\,;\,z') dans une base orthonormée : u⃗⋅v⃗=xx′+yy′+zz′,∥u⃗∥=x2+y2+z2,AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2+(zB−zA)2,\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz', \qquad \|\vec{u}\| = \sqrt{x^2 + y^2 + z^2}, \qquad AB = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2 + (z_B - z_A)^2}, et pour des vecteurs non nuls cos⁡(u⃗,v⃗)=u⃗⋅v⃗∥u⃗∥ ∥v⃗∥\cos(\vec{u}, \vec{v}) = \dfrac{\vec{u} \cdot \vec{v}}{\|\vec{u}\|\,\|\vec{v}\|}.

Théorème 4 (développements et formules de polarisation). ∥u⃗±v⃗∥2=∥u⃗∥2±2 u⃗⋅v⃗+∥v⃗∥2,u⃗⋅v⃗=12(∥u⃗+v⃗∥2−∥u⃗∥2−∥v⃗∥2)=14(∥u⃗+v⃗∥2−∥u⃗−v⃗∥2).\|\vec{u} \pm \vec{v}\|^2 = \|\vec{u}\|^2 \pm 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2, \qquad \vec{u} \cdot \vec{v} = \frac{1}{2}\left(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 - \|\vec{u}\|^2 - \|\vec{v}\|^2\right) = \frac{1}{4}\left(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 - \|\vec{u} - \vec{v}\|^2\right).

Théorème 5 (droite orthogonale à un plan). Une droite dd est orthogonale à un plan P\mathcal{P} si et seulement si elle est orthogonale à deux droites sécantes de P\mathcal{P} (la bilinéarité étend alors l’orthogonalité à toutes les droites du plan).

Théorème 6 (plan défini par un point et un vecteur normal). Étant donnés un point AA et n⃗≠0⃗\vec{n} \neq \vec{0}, il existe un unique plan P\mathcal{P} passant par AA et normal à n⃗\vec{n} : M∈P  ⟺  AM→⋅n⃗=0.M \in \mathcal{P} \iff \overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0. En repère orthonormé, le plan d’équation ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 admet n⃗ (a ; b ; c)\vec{n}\,(a\,;\,b\,;\,c) pour vecteur normal.

Théorème 7 (plans perpendiculaires, plans parallèles). Deux plans sont perpendiculaires   ⟺  \iff leurs vecteurs normaux sont orthogonaux ; ils sont parallèles   ⟺  \iff leurs vecteurs normaux sont colinéaires.

Théorème 8 (le projeté orthogonal minimise la distance). (démonstration exigible) Le projeté orthogonal HH de MM sur un plan P\mathcal{P} est le point de P\mathcal{P} le plus proche de MM : pour tout N∈PN \in \mathcal{P}, MN2=MH2+HN2≥MH2MN^2 = MH^2 + HN^2 \geq MH^2 (Pythagore, car MH→⊥HN→\overrightarrow{MH} \perp \overrightarrow{HN}), avec égalité seulement pour N=HN = H. Le même résultat vaut pour le projeté sur une droite. La distance de MM à P\mathcal{P} (ou à dd) est MHMH.

Théorème 9 (distance d’un point à un plan). Si P:ax+by+cz+d=0\mathcal{P} : ax + by + cz + d = 0 en repère orthonormé : d(M,P)=∣axM+byM+czM+d∣a2+b2+c2.d(M, \mathcal{P}) = \frac{|ax_M + by_M + cz_M + d|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}.

Théorème 10 (plan médiateur). Le plan médiateur de [AB][AB] est le plan passant par le milieu II de [AB][AB] et normal à AB→\overrightarrow{AB} : MA=MB  ⟺  IM→⋅AB→=0MA = MB \iff \overrightarrow{IM} \cdot \overrightarrow{AB} = 0.

Méthodes

Méthode 1 — démontrer une orthogonalité par le produit scalaire.

  1. Se placer en repère orthonormé et calculer u⃗⋅v⃗=xx′+yy′+zz′\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz' (Théorème 3).
  2. Conclure : produit nul   ⟺  \iff vecteurs orthogonaux (Théorème 2) — pour des plans, appliquer cela aux vecteurs normaux (Théorème 7).

Exemple : (1 ; 2 ; −1)⋅(3 ; −1 ; 1)=0(1\,;\,2\,;\,-1) \cdot (3\,;\,-1\,;\,1) = 0 : vecteurs orthogonaux.

Méthode 2 — calculer un angle ou une longueur.

  1. Calculer les coordonnées des vecteurs utiles, puis produit scalaire et normes (Théorème 3).
  2. Pour un angle : cos⁡(u⃗,v⃗)=u⃗⋅v⃗∥u⃗∥ ∥v⃗∥\cos(\vec{u}, \vec{v}) = \dfrac{\vec{u} \cdot \vec{v}}{\|\vec{u}\|\,\|\vec{v}\|} ; pour une longueur hors coordonnées, développer avec le Théorème 4.

Exemple : angle entre (1 ; 1 ; 0)(1\,;\,1\,;\,0) et (1 ; 0 ; 0)(1\,;\,0\,;\,0) : cos⁡θ=12\cos\theta = \tfrac{1}{\sqrt 2}, θ=45∘\theta = 45^\circ.

Méthode 3 — démontrer qu’une droite est orthogonale à un plan.

  1. Choisir deux vecteurs non colinéaires v⃗\vec{v}, w⃗\vec{w} du plan.
  2. Vérifier u⃗⋅v⃗=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0 et u⃗⋅w⃗=0\vec{u} \cdot \vec{w} = 0 pour un vecteur directeur u⃗\vec{u} de la droite.
  3. Conclure avec le Théorème 5 : u⃗\vec{u} est alors un vecteur normal au plan (Définition 5).

Exemple : dans le cube, AE→\overrightarrow{AE} est orthogonal à AB→\overrightarrow{AB} et AD→\overrightarrow{AD} : (AE)⊥(ABD)(AE) \perp (ABD).

Méthode 4 — déterminer le projeté orthogonal sur une droite.

  1. Écrire H=A+tu⃗H = A + t\vec{u} (point courant de la droite).
  2. Imposer HM→⋅u⃗=0\overrightarrow{HM} \cdot \vec{u} = 0, ce qui donne t=AM→⋅u⃗∥u⃗∥2t = \dfrac{\overrightarrow{AM} \cdot \vec{u}}{\|\vec{u}\|^2}.
  3. En déduire HH, puis d(M,d)=MHd(M, d) = MH si besoin.

Exemple : dd par OO dirigée par (1 ; 0 ; 1)(1\,;\,0\,;\,1), M(3 ; 1 ; 2)M(3\,;\,1\,;\,2) : t=52t = \tfrac52, H(52 ; 0 ; 52)H\left(\tfrac52\,;\,0\,;\,\tfrac52\right).

Méthode 5 — déterminer le projeté orthogonal sur un plan et la distance.

  1. Écrire H=M+tn⃗H = M + t\vec{n}, soit H(xM+ta ; yM+tb ; zM+tc)H(x_M + ta\,;\,y_M + tb\,;\,z_M + tc) avec n⃗ (a ; b ; c)\vec{n}\,(a\,;\,b\,;\,c) normal au plan (Théorème 6).
  2. Déterminer tt en imposant H∈PH \in \mathcal{P} (équation du plan).
  3. Alors d(M,P)=MH=∣t∣ ∥n⃗∥d(M, \mathcal{P}) = MH = |t|\,\|\vec{n}\|, ce qui redonne la formule du Théorème 9.

Exemple : M(1 ; 2 ; 3)M(1\,;\,2\,;\,3), P:2x−y+2z−1=0\mathcal{P} : 2x - y + 2z - 1 = 0 : t=−59t = -\tfrac59, MH=59×3=53MH = \tfrac59 \times 3 = \tfrac53.

Méthode 6 — déterminer un lieu géométrique (plan médiateur).

  1. Traduire la condition : MA=MB  ⟺  MA2=MB2MA = MB \iff MA^2 = MB^2, ou directement IM→⋅AB→=0\overrightarrow{IM} \cdot \overrightarrow{AB} = 0 (Théorème 10).
  2. Développer en coordonnées pour obtenir une équation de plan.

Exemple : A(1 ; 0 ; 0)A(1\,;\,0\,;\,0), B(3 ; 0 ; 0)B(3\,;\,0\,;\,0) : plan médiateur x=2x = 2.

Méthode 7 — équation cartésienne d’un plan passant par trois points non alignés.

  1. Calculer AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC}.
  2. Chercher n⃗ (a ; b ; c)\vec{n}\,(a\,;\,b\,;\,c) tel que n⃗⋅AB→=0\vec{n} \cdot \overrightarrow{AB} = 0 et n⃗⋅AC→=0\vec{n} \cdot \overrightarrow{AC} = 0 (système, solutions proportionnelles : en fixer une).
  3. Écrire AM→⋅n⃗=0\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0 avec le point AA (Théorème 6) et développer en ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 ; vérifier avec les trois points.

Exemple : A(1 ; 0 ; 0)A(1\,;\,0\,;\,0), B(0 ; 1 ; 0)B(0\,;\,1\,;\,0), C(0 ; 0 ; 1)C(0\,;\,0\,;\,1) : n⃗ (1 ; 1 ; 1)\vec{n}\,(1\,;\,1\,;\,1), équation x+y+z=1x + y + z = 1.

Méthode 8 — intersection d’une droite et d’un plan.

  1. Substituer la représentation paramétrique de dd (chapitre « Droites, plans et vecteurs de l’espace ») dans l’équation de P\mathcal{P} : équation du premier degré en tt.
  2. Discuter : solution unique → sécants (reporter tt pour le point) ; aucune solution (0=k≠00 = k \neq 0) → droite strictement parallèle ; toujours vraie (0=00 = 0) → droite incluse.
  3. Contrôler : le cas parallèle correspond à u⃗⋅n⃗=0\vec{u} \cdot \vec{n} = 0 (Théorème 2).

Exemple : (1+2t)+2(−1+t)−(2−t)+3=5t=0(1 + 2t) + 2(-1 + t) - (2 - t) + 3 = 5t = 0 : point d’intersection (1 ; −1 ; 2)(1\,;\,-1\,;\,2).

Méthode 9 — position relative de deux plans à partir de leurs équations.

  1. Comparer les vecteurs normaux (Théorème 7) : non colinéaires → plans sécants selon une droite ; colinéaires → plans parallèles.
  2. Si les normales sont colinéaires, comparer les équations : proportionnelles → confondus ; sinon → strictement parallèles.
  3. Une droite de l’espace peut ainsi se décrire comme intersection de deux plans sécants (système de deux équations).

Exemple : x+y+z=3x + y + z = 3 et 2x+2y+2z=12x + 2y + 2z = 1 : normales colinéaires, équations non proportionnelles, plans strictement parallèles.

À retenir contre les pièges. Un produit scalaire nul signifie orthogonaux, pas colinéaires. Le terme constant dd d’une équation de plan n’apparaît pas dans le vecteur normal. La distance d’un point à un plan se mesure au projeté orthogonal, pas à un point quelconque du plan.

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