Loi des grands nombres
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev, inégalité de concentration pour la moyenne d'un échantillon, loi des grands nombres, choix d'une taille d'échantillon selon la précision et le risque, algorithmes de simulation.
Définitions
Définition 1 — Moyenne d’un échantillon (rappel). Un échantillon de taille d’une variable aléatoire d’espérance et de variance est une liste de variables indépendantes de même loi. Sa moyenne est , avec , et (voir « Somme de variables aléatoires »).
Définition 2 — Fréquence. Si les suivent une loi de Bernoulli de paramètre , la moyenne est la fréquence de succès de l’échantillon : et .
Théorèmes et propriétés
Théorème 1 (inégalité de Bienaymé-Tchebychev). Pour une variable aléatoire d’espérance et de variance , et tout réel : De façon équivalente : . C’est un majorant universel (toutes les lois), mais grossier.
Théorème 2 (écarts mesurés en écarts-types). En prenant dans le Théorème 1 : L’écart-type est l’unité naturelle de l’éloignement à : des écarts de plusieurs deviennent improbables.
Théorème 3 (inégalité de concentration). Pour la moyenne d’un échantillon de taille d’une variable d’espérance et de variance , et tout : (Bienaymé-Tchebychev appliqué à , dont la variance est .)
Théorème 4 (cas d’une fréquence). Comme :
Théorème 5 (loi des grands nombres). Pour un échantillon d’une variable d’espérance et de variance , et pour tout : Démonstration : (Théorème 3) et ; on conclut par encadrement. Interprétation : la moyenne d’un grand échantillon est, avec une probabilité proche de 1, aussi proche que l’on veut de ; pour une fréquence, c’est la justification de l’estimation d’une probabilité par une fréquence observée (théorème d’or de Jacques Bernoulli, 1713). Attention : la loi des grands nombres ne dit ni que finit par être égale à , ni que tend vers (c’est vrai pour tout ) : c’est un énoncé sur une probabilité.
Méthodes
Méthode 1 — appliquer Bienaymé-Tchebychev.
- Identifier , et l’écart (mettre l’événement sous la forme ).
- Majorer : (Théorème 1) — c’est un majorant, jamais une valeur exacte.
- Pour un intervalle ouvert centré en , passer au contraire : .
Exemple. , , : et .
Méthode 2 — appliquer l’inégalité de concentration.
- Vérifier que est la moyenne d’un échantillon ; identifier , et .
- Majorer par (Théorème 3) ; pour une fréquence, utiliser (Théorème 4).
Exemple. , , : majorant .
Méthode 3 — déterminer une taille d’échantillon.
- Traduire l’objectif : (précision , risque ).
- Il suffit que , soit (condition suffisante : est souvent très surestimé).
Exemple. , , : . Sondage () : même valeur, alors qu’en pratique 1 000 personnes suffisent.
Méthode 4 — juger la pertinence du majorant.
- Comparer le majorant à 1 : si , le majorant n’apporte aucune information.
- Garder en tête que l’inégalité est universelle mais loin d’être optimale : pour , elle donne alors qu’on observe souvent .
Exemple. : majorant , inutilisable.
Méthode 5 — simuler des échantillons pour tester la concentration. On simule échantillons de taille , on calcule l’écart-type des moyennes et on le compare à .
from random import randint
from math import sqrt
def moyenne_de(n): # moyenne de n lancers de dé
s = 0
for _ in range(n):
s = s + randint(1, 6)
return s / n
moyennes = [moyenne_de(100) for _ in range(1000)]
m = sum(moyennes) / len(moyennes)
s = sqrt(sum((x - m)**2 for x in moyennes) / len(moyennes)) # à comparer à sigma / sqrt(n)
Exemple. Pour un dé (, ), on observe , et les proportions de moyennes à moins de de sont proches de , et pour — bien au-dessus des minorations , et de l’inégalité. Autre illustration : la marche aléatoire ( équiprobables), de position après pas avec et .
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