Terminale générale Géométrie dans l'espace espacevecteurscombinaison linéairecolinéaritécoplanaritébaserepèredroitesplansreprésentation paramétrique

Droites, plans et vecteurs de l'espace

Résumé de cours : vecteurs de l'espace, combinaisons linéaires, colinéarité et coplanarité, droites et plans, bases et repères, positions relatives, représentations paramétriques de droites, avec théorèmes et méthodes numérotés pour la Terminale spécialité.

Faire le quiz →

Définitions

Définition 1 — vecteur de l’espace, translation. Un vecteur u⃗\vec{u} non nul de l’espace est déterminé par une direction, un sens et une norme, comme dans le plan. À tout vecteur u⃗\vec{u} est associée la translation de vecteur u⃗\vec{u}, qui transforme MM en M′M' tel que MM′→=u⃗\overrightarrow{MM'} = \vec{u}.

Définition 2 — combinaison linéaire. Un vecteur de la forme au⃗+bv⃗+cw⃗a\vec{u} + b\vec{v} + c\vec{w} (aa, bb, cc réels) est une combinaison linéaire de u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v}, w⃗\vec{w}.

Définition 3 — vecteurs colinéaires. u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} sont colinéaires s’il existe un réel kk tel que v⃗=ku⃗\vec{v} = k\vec{u} ou u⃗=kv⃗\vec{u} = k\vec{v}. Le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur.

Définition 4 — vecteurs coplanaires. Trois vecteurs sont coplanaires s’ils admettent des représentants situés dans un même plan.

Définition 5 — base et repère de l’espace. Trois vecteurs non coplanaires (i⃗,j⃗,k⃗)(\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}) forment une base de l’espace. Un repère (O ; i⃗,j⃗,k⃗)(O\,;\,\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}) est la donnée d’un point OO et d’une base ; les coordonnées d’un point MM sont celles de OM→\overrightarrow{OM}.

Définition 6 — représentation paramétrique d’une droite. Dans un repère, une représentation paramétrique de la droite dd passant par A(xA ; yA ; zA)A(x_A\,;\,y_A\,;\,z_A), de vecteur directeur u⃗ (a ; b ; c)≠0⃗\vec{u}\,(a\,;\,b\,;\,c) \neq \vec{0}, est le système d:{x=xA+aty=yA+btz=zA+ctt∈R.d : \begin{cases} x = x_A + at \\ y = y_A + bt \\ z = z_A + ct \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}.

Théorèmes et propriétés

Théorème 1 (règles de calcul, relation de Chasles). Les règles du plan restent valables dans l’espace :

PropriétéÉnoncé
Relation de ChaslesAB→+BC→=AC→\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{BC} = \overrightarrow{AC}
ParallélogrammeAB→=DC→  ⟺  ABCD\overrightarrow{AB} = \overrightarrow{DC} \iff ABCD parallélogramme (éventuellement aplati)
Produit par un réelk(u⃗+v⃗)=ku⃗+kv⃗k(\vec{u} + \vec{v}) = k\vec{u} + k\vec{v}, (k+k′)u⃗=ku⃗+k′u⃗(k + k')\vec{u} = k\vec{u} + k'\vec{u}

Théorème 2 (caractérisation d’une droite). La droite dd passant par AA, de vecteur directeur u⃗≠0⃗\vec{u} \neq \vec{0}, est caractérisée par : M∈d  ⟺  il existe t∈R, AM→=tu⃗.M \in d \iff \text{il existe } t \in \mathbb{R},\ \overrightarrow{AM} = t\vec{u}. Un vecteur non nul engendre une direction de droite ; tous les vecteurs directeurs de dd sont colinéaires entre eux.

Théorème 3 (alignement et parallélisme). AA, BB, CC sont alignés   ⟺  AB→\iff \overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} sont colinéaires. Deux droites sont parallèles   ⟺  \iff leurs vecteurs directeurs sont colinéaires.

Théorème 4 (caractérisation d’un plan). Le plan P\mathcal{P} passant par AA, dirigé par le couple (u⃗,v⃗)(\vec{u}, \vec{v}) de vecteurs non colinéaires, est caractérisé par : M∈P  ⟺  il existe a,b∈R, AM→=au⃗+bv⃗.M \in \mathcal{P} \iff \text{il existe } a, b \in \mathbb{R},\ \overrightarrow{AM} = a\vec{u} + b\vec{v}. Le couple (u⃗,v⃗)(\vec{u}, \vec{v}) engendre la direction du plan ; deux plans sont parallèles   ⟺  \iff ils ont la même direction.

Théorème 5 (caractérisation de la coplanarité). u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v}, w⃗\vec{w} sont coplanaires   ⟺  \iff l’un d’eux est combinaison linéaire des deux autres (c’est le cas dès que deux d’entre eux sont colinéaires). Quatre points AA, BB, CC, DD sont coplanaires   ⟺  AB→\iff \overrightarrow{AB}, AC→\overrightarrow{AC}, AD→\overrightarrow{AD} sont coplanaires.

Théorème 6 (décomposition dans une base). Si (i⃗,j⃗,k⃗)(\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}) est une base, tout vecteur u⃗\vec{u} s’écrit de façon unique u⃗=xi⃗+yj⃗+zk⃗,noteˊ u⃗ (x ; y ; z).\vec{u} = x\vec{i} + y\vec{j} + z\vec{k}, \qquad \text{noté } \vec{u}\,(x\,;\,y\,;\,z). Un repère réalise ainsi une bijection entre l’espace et R3\mathbb{R}^3.

Théorème 7 (calculs en coordonnées). Dans un repère, les opérations se font coordonnée par coordonnée, et : AB→ (xB−xA ; yB−yA ; zB−zA),I milieu de [AB]:(xA+xB2 ; yA+yB2 ; zA+zB2).\overrightarrow{AB}\,(x_B - x_A\,;\,y_B - y_A\,;\,z_B - z_A), \qquad I \text{ milieu de } [AB] : \left(\tfrac{x_A + x_B}{2}\,;\,\tfrac{y_A + y_B}{2}\,;\,\tfrac{z_A + z_B}{2}\right).

Théorème 8 (positions relatives).

ObjetsPositions possibles
Deux droitescoplanaires (sécantes, strictement parallèles, confondues) ou non coplanaires
Droite et plansécants en un point, ou parallèles (droite incluse ou strictement parallèle)
Deux planssécants selon une droite, ou parallèles (éventuellement confondus)

Une droite de vecteur directeur u⃗\vec{u} est parallèle au plan dirigé par (v⃗,w⃗)(\vec{v}, \vec{w})   ⟺  u⃗\iff \vec{u}, v⃗\vec{v}, w⃗\vec{w} sont coplanaires.

Théorème 9 (représentation paramétrique d’une droite). M(x ; y ; z)∈d  ⟺  M(x\,;\,y\,;\,z) \in d \iff il existe t∈Rt \in \mathbb{R} tel que AM→=tu⃗\overrightarrow{AM} = t\vec{u}, c’est-à-dire tel que le système de la Définition 6 soit vérifié. Une droite admet une infinité de représentations paramétriques (autre point, vecteur directeur colinéaire). Dans une représentation donnée, les coefficients de tt forment un vecteur directeur et t=0t = 0 fournit un point. Attention : dans l’espace, une seule équation cartésienne du premier degré décrit un plan, jamais une droite (voir le chapitre « Produit scalaire et applications »).

Une image à retenir. Un vecteur non nul engendre une direction de droite ; deux vecteurs non colinéaires engendrent une direction de plan ; trois vecteurs non coplanaires engendrent tout l’espace.

Méthodes

Méthode 1 — décomposer un vecteur sur une figure.

  1. Relier l’origine et l’extrémité du vecteur par un chemin d’arêtes (relation de Chasles, Théorème 1).
  2. Remplacer chaque arête par le vecteur égal de la base (faces parallèles du solide).
  3. Regrouper les termes pour lire les coordonnées (Théorème 6).

Exemple : dans le cube, BH→=BA→+AH→=−AB→+AD→+AE→\overrightarrow{BH} = \overrightarrow{BA} + \overrightarrow{AH} = -\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE}.

Méthode 2 — démontrer une colinéarité, un alignement.

  1. Calculer les coordonnées de AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} (Théorème 7).
  2. Chercher un réel kk tel que AC→=kAB→\overrightarrow{AC} = k\overrightarrow{AB} (Définition 3).
  3. Conclure avec le Théorème 3 (alignement ou parallélisme).

Exemple : A(1 ; 2 ; 0)A(1\,;\,2\,;\,0), B(3 ; 3 ; 1)B(3\,;\,3\,;\,1), C(5 ; 4 ; 2)C(5\,;\,4\,;\,2) : AC→=2AB→\overrightarrow{AC} = 2\overrightarrow{AB}, points alignés.

Méthode 3 — démontrer une coplanarité (vecteurs ou quatre points).

  1. Choisir u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v} non colinéaires et chercher aa, bb tels que w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v} (pour quatre points : AD→=aAB→+bAC→\overrightarrow{AD} = a\overrightarrow{AB} + b\overrightarrow{AC}).
  2. Résoudre le système de trois équations à deux inconnues.
  3. Système compatible : coplanaires (Théorème 5) ; incompatible : non coplanaires.

Exemple : w⃗ (2 ; −1 ; 1)=2u⃗−v⃗\vec{w}\,(2\,;\,-1\,;\,1) = 2\vec{u} - \vec{v} avec u⃗ (1 ; 0 ; 1)\vec{u}\,(1\,;\,0\,;\,1) et v⃗ (0 ; 1 ; 1)\vec{v}\,(0\,;\,1\,;\,1) : coplanaires.

Méthode 4 — décider si trois vecteurs forment une base.

  1. Vérifier si deux des vecteurs sont colinéaires (si oui, ce n’est pas une base).
  2. Chercher si l’un est combinaison linéaire des deux autres (Méthode 3), ou montrer que au⃗+bv⃗+cw⃗=0⃗a\vec{u} + b\vec{v} + c\vec{w} = \vec{0} impose a=b=c=0a = b = c = 0.
  3. Non coplanaires   ⟺  \iff base (Définition 5, Théorème 6).

Exemple : (1 ; 2 ; 3)(1\,;\,2\,;\,3), (0 ; 1 ; 0)(0\,;\,1\,;\,0), (2 ; 4 ; 6)(2\,;\,4\,;\,6) : le troisième est le double du premier, pas une base.

Méthode 5 — calculer avec des coordonnées dans un repère adapté.

  1. Choisir un repère lié à la figure (dans le cube : (A ; AB→,AD→,AE→)(A\,;\,\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE})).
  2. Lire les coordonnées des points utiles.
  3. Appliquer les formules du Théorème 7 (vecteur, milieu, opérations).

Exemple : milieu de [EG][EG] avec E(0 ; 0 ; 1)E(0\,;\,0\,;\,1) et G(1 ; 1 ; 1)G(1\,;\,1\,;\,1) : (12 ; 12 ; 1)\left(\tfrac12\,;\,\tfrac12\,;\,1\right).

Méthode 6 — étudier la position relative d’une droite et d’un plan.

  1. Tester si le vecteur directeur u⃗\vec{u} de la droite est combinaison linéaire des vecteurs directeurs (v⃗,w⃗)(\vec{v}, \vec{w}) du plan (Méthode 3).
  2. Si non : droite et plan sécants en un point (Théorème 8).
  3. Si oui, la droite est parallèle au plan : tester un point de la droite — dans le plan, droite incluse ; sinon, strictement parallèle.

Exemple : u⃗=v⃗−w⃗\vec{u} = \vec{v} - \vec{w} et A∉PA \notin \mathcal{P} : droite strictement parallèle au plan.

Méthode 7 — déterminer une représentation paramétrique d’une droite.

  1. Repérer un point AA de la droite (pour (AB)(AB) : le point AA) et un vecteur directeur u⃗\vec{u} (pour (AB)(AB) : AB→\overrightarrow{AB}).
  2. Écrire x=xA+atx = x_A + at, y=yA+bty = y_A + bt, z=zA+ctz = z_A + ct, t∈Rt \in \mathbb{R} (Théorème 9).

Exemple : A(1 ; −2 ; 3)A(1\,;\,-2\,;\,3), u⃗ (2 ; 0 ; −1)\vec{u}\,(2\,;\,0\,;\,-1) : x=1+2tx = 1 + 2t, y=−2y = -2, z=3−tz = 3 - t.

Méthode 8 — reconnaître une droite paramétrée, tester l’appartenance d’un point.

  1. Lire un point (t=0t = 0) et un vecteur directeur (coefficients de tt).
  2. Pour tester MM : résoudre en tt sur une coordonnée, puis vérifier que la même valeur convient pour les deux autres.
  3. Pour comparer deux droites paramétrées : comparer les vecteurs directeurs (colinéaires ou non), puis tester un point — et toujours utiliser deux noms de paramètres distincts pour chercher une intersection.

Exemple : x=2−3tx = 2 - 3t, y=ty = t, z=4z = 4 : point (2 ; 0 ; 4)(2\,;\,0\,;\,4), vecteur directeur (−3 ; 1 ; 0)(-3\,;\,1\,;\,0).

À retenir contre les pièges. Deux droites sans point commun ne sont pas forcément parallèles (elles peuvent être non coplanaires). Deux droites parallèles à un même plan ne sont pas nécessairement parallèles entre elles. La relation de Chasles, toujours vraie, ne démontre jamais un alignement.

Quiz — Droites, plans et vecteurs de l'espace

10 questions · correction immédiate · sans inscription

Tester →