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Probabilités conditionnelles

Probabilités conditionnelles et indépendance en première spécialité : probabilité conditionnelle, arbres pondérés et tableaux croisés, partition de l'univers et formule des probabilités totales, indépendance de deux événements, succession d'épreuves indépendantes et répétition d'épreuves de Bernoulli (n ≤ 4), méthode de Monte-Carlo.

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Probabilité conditionnelle

Définition

Soit AA et BB deux événements d’un univers Ω\Omega, avec P(B)≠0P(B) \neq 0. La probabilité de AA sachant BB est

PB(A)=P(A∩B)P(B)\boxed{P_B(A) = \frac{P(A \cap B)}{P(B)}}

C’est la probabilité que AA se réalise lorsque l’on sait que BB est réalisé : on se restreint à l’univers BB.

Propriétés

  • 0≤PB(A)≤10 \leq P_B(A) \leq 1, PB(B)=1P_B(B) = 1 et PB(Aˉ)=1−PB(A)P_B(\bar{A}) = 1 - P_B(A).
  • Formule des probabilités composées : P(A∩B)=P(B)×PB(A)=P(A)×PA(B)P(A \cap B) = P(B) \times P_B(A) = P(A) \times P_A(B).

Attention : en général PB(A)≠PA(B)P_B(A) \neq P_A(B). « Probabilité d’être malade sachant que le test est positif » et « probabilité que le test soit positif sachant que l’on est malade » sont deux nombres différents.

Lecture dans un tableau croisé

Sport (SS)Pas de sport (Sˉ\bar{S})Total
Filles (FF)1212661818
Garçons (Fˉ\bar{F})88441212
Total202010103030

On choisit un élève au hasard :

P(F∩S)=1230=0,4PF(S)=1218=23PS(F)=1220=0,6P(F \cap S) = \frac{12}{30} = 0{,}4 \qquad P_F(S) = \frac{12}{18} = \frac{2}{3} \qquad P_S(F) = \frac{12}{20} = 0{,}6

PF(S)P_F(S) se lit dans la ligne de FF ; PS(F)P_S(F) dans la colonne de SS.


Arbres pondérés

Un arbre pondéré représente une succession d’étapes ; chaque branche porte une probabilité, conditionnelle à partir du deuxième niveau.

Règles :

  1. Les probabilités des branches issues d’un même nœud ont pour somme 11.
  2. La probabilité d’un chemin est le produit des probabilités de ses branches (probabilités composées).
  3. La probabilité d’un événement est la somme des probabilités des chemins qui le réalisent.

Exemple : une urne contient 44 boules rouges et 66 bleues ; on tire deux boules successivement sans remise.

P(RR)=410×39=215P(une seule rouge)=410×69+610×49=815P(RR) = \frac{4}{10} \times \frac{3}{9} = \frac{2}{15} \qquad P(\text{une seule rouge}) = \frac{4}{10} \times \frac{6}{9} + \frac{6}{10} \times \frac{4}{9} = \frac{8}{15}

Les branches du second niveau sont des probabilités conditionnelles : 39=PR1(R2)\frac{3}{9} = P_{R_1}(R_2).


Partition de l’univers et probabilités totales

Des événements B1,B2,…,BnB_1, B_2, \ldots, B_n forment une partition de Ω\Omega (ou système complet d’événements) s’ils sont deux à deux incompatibles et si leur réunion est Ω\Omega. Exemple le plus simple : BB et Bˉ\bar{B}.

Formule des probabilités totales. Si B1,…,BnB_1, \ldots, B_n forment une partition de Ω\Omega avec des probabilités non nulles, alors pour tout événement AA : P(A)=P(B1) PB1(A)+P(B2) PB2(A)+⋯+P(Bn) PBn(A)\boxed{P(A) = P(B_1)\,P_{B_1}(A) + P(B_2)\,P_{B_2}(A) + \cdots + P(B_n)\,P_{B_n}(A)}

Sur un arbre, c’est la somme des chemins qui mènent à AA. Avec deux cas : P(A)=P(B)PB(A)+P(Bˉ)PBˉ(A)P(A) = P(B)P_B(A) + P(\bar{B})P_{\bar{B}}(A).

Exemple : une usine a deux machines. M1M_1 fabrique 60 %60\,\% des pièces avec 2 %2\,\% de défauts ; M2M_2 fabrique 40 %40\,\% des pièces avec 5 %5\,\% de défauts.

P(D)=0,6×0,02+0,4×0,05=0,012+0,020=0,032P(D) = 0{,}6 \times 0{,}02 + 0{,}4 \times 0{,}05 = 0{,}012 + 0{,}020 = 0{,}032

Remonter l’arbre : sachant qu’une pièce est défectueuse, la probabilité qu’elle vienne de M2M_2 est, par définition,

PD(M2)=P(M2∩D)P(D)=0,0200,032=0,625P_D(M_2) = \frac{P(M_2 \cap D)}{P(D)} = \frac{0{,}020}{0{,}032} = 0{,}625


Indépendance de deux événements

Définition. AA et BB sont indépendants si P(A∩B)=P(A)×P(B)\boxed{P(A \cap B) = P(A) \times P(B)}

Si P(B)≠0P(B) \neq 0, cela équivaut à PB(A)=P(A)P_B(A) = P(A) : savoir que BB est réalisé ne change pas la probabilité de AA.

Propriété : si AA et BB sont indépendants, alors AA et Bˉ\bar{B} le sont aussi (de même Aˉ\bar{A} et BB, Aˉ\bar{A} et Bˉ\bar{B}). En effet P(A∩Bˉ)=P(A)−P(A∩B)=P(A)−P(A)P(B)=P(A)(1−P(B))=P(A)P(Bˉ)P(A \cap \bar{B}) = P(A) - P(A \cap B) = P(A) - P(A)P(B) = P(A)(1 - P(B)) = P(A)P(\bar{B}).

Exemple : on lance deux dés. AA = « le premier dé donne 66 », BB = « la somme vaut 77 ». P(A)=16P(A) = \frac{1}{6}, P(B)=636=16P(B) = \frac{6}{36} = \frac{1}{6}, A∩B={(6 ; 1)}A \cap B = \{(6\,;\,1)\} donc P(A∩B)=136=P(A)P(B)P(A \cap B) = \frac{1}{36} = P(A)P(B) : AA et BB sont indépendants.

Contre-exemple : avec B′B' = « la somme vaut 1212 » : P(B′)=136P(B') = \frac{1}{36} et P(A∩B′)=136≠16×136P(A \cap B') = \frac{1}{36} \neq \frac{1}{6} \times \frac{1}{36} : pas indépendants (la somme 1212 exige un 66 au premier dé).

Indépendant ≠\neq incompatible. Deux événements incompatibles (A∩B=∅A \cap B = \varnothing) de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants : P(A∩B)=0≠P(A)P(B)P(A \cap B) = 0 \neq P(A)P(B).

Modèle et réalité. L’indépendance de deux lancers de dés est une hypothèse de modélisation, justifiée par l’analyse de la situation physique ; on la vérifie parfois par le calcul (comme ci-dessus), on la pose souvent comme point de départ.


Succession de deux épreuves indépendantes

Quand deux expériences sont indépendantes (le résultat de l’une n’influence pas l’autre), la probabilité d’un couple d’issues est le produit des probabilités. On représente la situation par un arbre ou un tableau.

Exemple : on lance un dé équilibré puis une pièce équilibrée. Probabilité d’obtenir « 66 puis pile » : 16×12=112\frac{1}{6} \times \frac{1}{2} = \frac{1}{12}.

Pile (12\frac{1}{2})Face (12\frac{1}{2})
11 (16\frac{1}{6})112\frac{1}{12}112\frac{1}{12}
⋮\vdots⋮\vdots⋮\vdots
66 (16\frac{1}{6})112\frac{1}{12}112\frac{1}{12}

Les 1212 cases sont équiprobables : c’est le produit cartésien {1,…,6}×{P,F}\{1, \ldots, 6\} \times \{P, F\}.


Répétition d’épreuves de Bernoulli (n≤4n \leq 4)

Une épreuve de Bernoulli est une expérience à deux issues : succès (probabilité pp) et échec (probabilité 1−p1 - p). On la répète nn fois de façon indépendante et identique ; l’arbre a 2n2^n chemins.

Un chemin comportant kk succès et n−kn - k échecs a pour probabilité pk(1−p)n−kp^k(1-p)^{n-k}, quel que soit l’ordre.

Exemple (n=3n = 3, p=0,6p = 0{,}6) :

  • exactement deux succès : 33 chemins (SSE, SES, ESS), P=3×0,62×0,4=0,432P = 3 \times 0{,}6^2 \times 0{,}4 = 0{,}432 ;
  • au moins un succès : 1−P(EEE)=1−0,43=0,9361 - P(\text{EEE}) = 1 - 0{,}4^3 = 0{,}936.

Exemple (n=4n = 4, p=12p = \frac{1}{2}, quatre lancers de pièce) : exactement deux piles : 66 chemins sur 1616, P=616=38P = \frac{6}{16} = \frac{3}{8}.


Algorithme — méthode de Monte-Carlo

On estime une probabilité (ou une aire) en simulant un grand nombre de tirages aléatoires et en calculant une fréquence.

Estimation de π\pi : on tire un point au hasard dans le carré [0 ; 1]2[0\,;\,1]^2 ; la probabilité qu’il soit dans le quart de disque x2+y2≤1x^2 + y^2 \leq 1 vaut π4\dfrac{\pi}{4}.

from random import random

def estime_pi(n):
    compteur = 0
    for k in range(n):
        x, y = random(), random()
        if x**2 + y**2 <= 1:
            compteur = compteur + 1
    return 4 * compteur / n

estime_pi(100000) renvoie une valeur proche de 3.14. Le même principe estime l’aire sous la parabole y=x2y = x^2 sur [0 ; 1][0\,;\,1] en comptant les points tels que y <= x**2 (résultat proche de 13\frac{1}{3}).


Pièges classiques

  • PB(A)P_B(A) se calcule en divisant par P(B)P(B), l’événement connu, pas par P(A)P(A).
  • Ne pas confondre P(A∩B)P(A \cap B) (chemin complet) et PB(A)P_B(A) (une seule branche).
  • Indépendants et incompatibles sont deux notions différentes.
  • Sans remise, les probabilités du second tirage changent : les épreuves ne sont pas indépendantes.
  • Pour « exactement kk succès », ne pas oublier de compter tous les chemins ayant kk succès.

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