Première générale Analyse exponentiellenombre edérivéecroissance exponentiellesuites géométriquesméthode d'Euler

Fonction exponentielle

Fonction exponentielle en première spécialité : définition par f' = f et f(0) = 1, nombre e, propriétés algébriques, signe et variations, dérivée de e^(at), courbes de e^(kt) et e^(-kt), lien avec les suites géométriques, modélisation et méthode d'Euler.

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Définition

Définition. Il existe une unique fonction ff dérivable sur R\mathbb{R} telle que f′=fetf(0)=1.f' = f \qquad \text{et} \qquad f(0) = 1. On l’appelle fonction exponentielle et on la note exp⁡\exp.

L’existence et l’unicité sont admises. On note e=exp⁡(1)≈2,71828e = \exp(1) \approx 2{,}71828 et, pour tout réel xx, exp⁡(x)=ex\exp(x) = e^x.

Cette définition provient des phénomènes dont la vitesse de variation est proportionnelle à la quantité elle-même (intérêts composés à chaque instant, croissance d’une population, désintégration radioactive).


Propriétés algébriques

Pour tous réels aa, bb et tout entier nn :

ea+b=ea×ebea×e−a=1\boxed{e^{a+b} = e^a \times e^b} \qquad e^a \times e^{-a} = 1

e−a=1eaea−b=eaeb(ea)n=enae^{-a} = \frac{1}{e^a} \qquad e^{a-b} = \frac{e^a}{e^b} \qquad \left(e^a\right)^n = e^{na}

Ces règles sont celles des puissances : l’exponentielle transforme les sommes en produits.

Exemples :

  • e3×e−5=e−2=1e2e^{3} \times e^{-5} = e^{-2} = \dfrac{1}{e^2}
  • e2x+1ex−1=e2x+1−(x−1)=ex+2\dfrac{e^{2x+1}}{e^{x-1}} = e^{2x+1-(x-1)} = e^{x+2}
  • (e2x)3=e6x\left(e^{2x}\right)^3 = e^{6x}
  • e2x−1=(ex−1)(ex+1)e^{2x} - 1 = (e^x - 1)(e^x + 1) car e2x=(ex)2e^{2x} = (e^x)^2

Signe et variations

Propriété. Pour tout réel xx, ex>0e^x > 0. La fonction exponentielle est strictement croissante sur R\mathbb{R}.

Idée de la preuve. ex×e−x=1e^x \times e^{-x} = 1 montre que ex≠0e^x \neq 0 ; une fonction dérivable qui ne s’annule pas et vaut 11 en 00 reste positive. Comme (ex)′=ex>0(e^x)' = e^x > 0, la fonction est strictement croissante.

xx−∞-\infty+∞+\infty
exe^x↗\nearrow

Valeurs de repère : e−1≈0,37e^{-1} \approx 0{,}37, e0=1e^0 = 1, e1≈2,72e^1 \approx 2{,}72, e2≈7,39e^2 \approx 7{,}39.

Quand xx devient très négatif, exe^x se rapproche de 00 sans jamais l’atteindre ; quand xx grandit, exe^x dépasse tout nombre fixé.

Conséquences : équations et inéquations

Comme la fonction est strictement croissante :

ea=eb  ⟺  a=bea<eb  ⟺  a<be^a = e^b \iff a = b \qquad\qquad e^a < e^b \iff a < b

Exemples :

  • e2x−1=ex+3  ⟺  2x−1=x+3  ⟺  x=4e^{2x-1} = e^{x+3} \iff 2x - 1 = x + 3 \iff x = 4
  • ex2>e2x  ⟺  x2−2x>0  ⟺  x(x−2)>0  ⟺  x<0 ou x>2e^{x^2} > e^{2x} \iff x^2 - 2x > 0 \iff x(x - 2) > 0 \iff x < 0 \text{ ou } x > 2
  • ex=1  ⟺  x=0e^{x} = 1 \iff x = 0 (car 1=e01 = e^0)

Dérivée

(ex)′=ex(eat)′=a eat(a∈R)\boxed{(e^x)' = e^x} \qquad\qquad \boxed{\left(e^{at}\right)' = a\,e^{at}} \quad (a \in \mathbb{R})

FonctionDérivée
e3xe^{3x}3e3x3e^{3x}
e−xe^{-x}−e−x-e^{-x}
4e−0,2t4e^{-0{,}2t}−0,8 e−0,2t-0{,}8\,e^{-0{,}2t}
x exx\,e^xex+x ex=(1+x)exe^x + x\,e^x = (1 + x)e^x (produit)
exx\dfrac{e^x}{x} (x≠0x \neq 0)ex⋅x−ex⋅1x2=(x−1)exx2\dfrac{e^x \cdot x - e^x \cdot 1}{x^2} = \dfrac{(x-1)e^x}{x^2} (quotient)

Tangente en 00 : f(0)=1f(0) = 1, f′(0)=1f'(0) = 1, d’où y=x+1y = x + 1. Ainsi, pour hh petit, eh≈1+he^h \approx 1 + h.

Exemple d’étude

f(x)=(x−1)exf(x) = (x - 1)e^x sur R\mathbb{R}.

f′(x)=1×ex+(x−1)ex=x exf'(x) = 1 \times e^x + (x - 1)e^x = x\,e^x

Comme ex>0e^x > 0, f′f' a le signe de xx : ff est décroissante sur ]−∞ ; 0]]-\infty\,;\,0], croissante sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[, et admet un minimum f(0)=−1f(0) = -1.


Les fonctions t↦ektt \mapsto e^{kt} et t↦e−ktt \mapsto e^{-kt} (k>0k > 0)

t↦ektt \mapsto e^{kt}dérivée k ekt>0k\,e^{kt} > 0 : croissance exponentielle
t↦e−ktt \mapsto e^{-kt}dérivée −k e−kt<0-k\,e^{-kt} < 0 : décroissance exponentielle

Les deux courbes passent par (0 ; 1)(0\,;\,1), restent au-dessus de l’axe des abscisses et sont symétriques l’une de l’autre par rapport à l’axe des ordonnées.


Lien avec les suites géométriques

Pour aa réel, la suite un=eanu_n = e^{an} vérifie

un+1=ea(n+1)=ean×ea=ea×unu_{n+1} = e^{a(n+1)} = e^{an} \times e^{a} = e^a \times u_n

C’est une suite géométrique de raison q=eaq = e^a. Une évolution à taux constant observée à des instants entiers (temps discret) et une évolution exponentielle en temps continu décrivent le même phénomène :

Cn=C0 qn⟷C(t)=C0 eatavec ea=qC_n = C_0\,q^n \qquad \longleftrightarrow \qquad C(t) = C_0\,e^{at} \quad \text{avec } e^a = q


Modélisation

Croissance : une population de bactéries double toutes les heures. Si N(t)=N0ektN(t) = N_0 e^{kt}, alors N(1)=2N0N(1) = 2N_0 impose ek=2e^k = 2 ; par balayage à la calculatrice, on trouve k≈0,693k \approx 0{,}693. La courbe de NN est celle d’une croissance exponentielle.

Décroissance radioactive : le nombre de noyaux suit N(t)=N0e−λtN(t) = N_0 e^{-\lambda t} avec λ>0\lambda > 0. La dérivée N′(t)=−λN(t)N'(t) = -\lambda N(t) est proportionnelle à N(t)N(t) : à chaque instant, une même proportion de noyaux se désintègre.

Capital à taux fixe : un capital placé à 3 %3\,\% par an vaut Cn=C0×1,03nC_n = C_0 \times 1{,}03^n après nn années ; en temps continu, C(t)=C0eatC(t) = C_0 e^{at} avec ea=1,03e^a = 1{,}03.


Algorithmes

Construction de l’exponentielle par la méthode d’Euler

On approche la courbe de ff (avec f′=ff' = f, f(0)=1f(0) = 1) par des segments de pente f(x)f(x) : sur un petit pas hh, f(x+h)≈f(x)+h f(x)=(1+h) f(x)f(x + h) \approx f(x) + h\,f(x) = (1 + h)\,f(x).

def euler(h, n):
    x, y = 0, 1
    L = [(x, y)]
    for k in range(n):
        y = y + h * y
        x = x + h
        L.append((x, y))
    return L

Avec h=0,1h = 0{,}1 et n=10n = 10, on obtient en x=1x = 1 la valeur 1,110≈2,5941{,}1^{10} \approx 2{,}594, approximation grossière de e≈2,718e \approx 2{,}718 ; réduire le pas améliore la précision.

Valeur approchée de ee par la suite (1+1n)n\left(1 + \frac{1}{n}\right)^n

def approx_e(n):
    return (1 + 1 / n)**n

approx_e(10) renvoie 2.5937…, approx_e(1000) renvoie 2.7169…, approx_e(10**6) renvoie 2.71828… : la suite se rapproche de ee. C’est exactement ce que fait la méthode d’Euler avec le pas h=1nh = \dfrac{1}{n}.


Pièges classiques

  • ea+b≠ea+ebe^{a+b} \neq e^a + e^b : l’exponentielle transforme une somme en produit.
  • exe^{x} n’est jamais nul ni négatif : l’équation ex=−2e^x = -2 n’a pas de solution.
  • (e3x)′=3e3x(e^{3x})' = 3e^{3x}, pas e3xe^{3x} ni 3x e3x3x\,e^{3x}.
  • Pour le signe d’un produit avec exe^x, seul l’autre facteur compte.

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