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Pythagore et Thalès

Théorème de Pythagore et sa réciproque, théorème de Thalès dans les deux configurations (triangles emboîtés et papillon), réciproque et contraposée, droite des milieux, triangle rectangle et cercle circonscrit : tout le programme de 3e pour le Brevet.

Définitions

Définition 1 — hypoténuse. Dans un triangle rectangle, l’hypoténuse est le côté opposé à l’angle droit : c’est toujours le plus long des trois côtés. Exemple : dans un triangle ABCABC rectangle en AA, l’angle droit est en AA et l’hypoténuse est [BC][BC].

Définition 2 — réciproque et contraposée d’un théorème. Un théorème s’écrit « si (hypothèse), alors (conclusion) ». Sa réciproque échange l’hypothèse et la conclusion ; elle doit être démontrée séparément (celles de Pythagore et de Thalès sont vraies). Sa contraposée affirme : « si la conclusion est fausse, alors l’hypothèse est fausse » ; elle est toujours vraie en même temps que le théorème. Exemple : théorème « si un triangle est rectangle, alors l’égalité de Pythagore est vérifiée » ; contraposée : « si l’égalité n’est pas vérifiée, alors le triangle n’est pas rectangle ».

Définition 3 — les deux configurations de Thalès. Le théorème de Thalès s’applique dans deux situations où deux droites sécantes sont coupées par deux droites parallèles :

  • triangles emboîtés : M∈[AB]M \in [AB], N∈[AC]N \in [AC] et (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC) — les triangles AMNAMN et ABCABC ont le sommet AA en commun et le petit est à l’intérieur du grand ;
  • papillon : les droites (AB)(AB) et (CD)(CD) se coupent en OO, avec AA et BB de part et d’autre de OO (de même pour CC et DD), et (AC)∥(BD)(AC) \parallel (BD) — les triangles OACOAC et OBDOBD sont opposés par le sommet OO.

Exemple : pour reconnaître la configuration, on cherche d’abord le sommet commun (le point d’intersection des sécantes), puis la paire de droites parallèles.

Théorèmes et propriétés

Théorème 1 (Pythagore). Si un triangle ABCABC est rectangle en AA, alors BC2=AB2+AC2BC^2 = AB^2 + AC^2 Le carré de l’hypoténuse est la somme des carrés des deux autres côtés. Exemple : ABCABC rectangle en CC avec AC=8AC = 8 cm et BC=15BC = 15 cm : AB2=82+152=64+225=289AB^2 = 8^2 + 15^2 = 64 + 225 = 289, donc AB=289=17AB = \sqrt{289} = 17 cm.

Théorème 2 (réciproque de Pythagore). Si, dans un triangle ABCABC, on a BC2=AB2+AC2BC^2 = AB^2 + AC^2, alors le triangle est rectangle en AA (l’angle droit est opposé au plus grand côté). Exemple : côtés 77, 2424 et 2525 : 252=62525^2 = 625 et 72+242=49+576=6257^2 + 24^2 = 49 + 576 = 625 — l’égalité est vérifiée, le triangle est rectangle.

Propriété 1 — contraposée de Pythagore. Si BC2≠AB2+AC2BC^2 \neq AB^2 + AC^2 (où [BC][BC] est le plus grand côté), alors le triangle ABCABC n’est pas rectangle. Exemple : côtés 66, 88 et 1111 : 112=12111^2 = 121 mais 62+82=1006^2 + 8^2 = 100 — pas d’égalité, le triangle n’est pas rectangle.

Théorème 3 (Thalès). Dans la configuration des triangles emboîtés (M∈[AB]M \in [AB], N∈[AC]N \in [AC], (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC)) : AMAB=ANAC=MNBC\frac{AM}{AB} = \frac{AN}{AC} = \frac{MN}{BC} Dans la configuration papillon ((AB)(AB) et (CD)(CD) sécantes en OO, (AC)∥(BD)(AC) \parallel (BD)) : OAOB=OCOD=ACBD\frac{OA}{OB} = \frac{OC}{OD} = \frac{AC}{BD} Les rapports partent du sommet commun (AA ou OO) : petit triangle au numérateur, grand triangle au dénominateur ; le troisième rapport compare les côtés parallèles. Exemple : AM=4AM = 4, AB=10AB = 10, BC=15BC = 15 : 410=MN15\dfrac{4}{10} = \dfrac{MN}{15}, d’où MN=4×1510=6MN = \dfrac{4 \times 15}{10} = 6.

Théorème 4 (réciproque de Thalès). Si M∈[AB]M \in [AB], N∈[AC]N \in [AC], si les points AA, MM, BB et AA, NN, CC sont dans le même ordre, et si AMAB=ANAC\frac{AM}{AB} = \frac{AN}{AC} alors (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC). Elle sert à démontrer un parallélisme, et fonctionne aussi dans la configuration papillon (AA et BB de part et d’autre de OO, de même pour CC et DD). Exemple : AM=3AM = 3, AB=4,5AB = 4{,}5, AN=2AN = 2, AC=3AC = 3 : 34,5=23\dfrac{3}{4{,}5} = \dfrac{2}{3} et ANAC=23\dfrac{AN}{AC} = \dfrac{2}{3} — rapports égaux, même ordre : (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC).

Propriété 2 — contraposée de Thalès. Si AMAB≠ANAC\dfrac{AM}{AB} \neq \dfrac{AN}{AC}, alors les droites (MN)(MN) et (BC)(BC) ne sont pas parallèles. Exemple : AM=2AM = 2, AB=5AB = 5, AN=3AN = 3, AC=7AC = 7 : 25=0,4\dfrac{2}{5} = 0{,}4 et 37≈0,43\dfrac{3}{7} \approx 0{,}43 — rapports différents, les droites ne sont pas parallèles.

Théorème 5 (droite des milieux). Dans un triangle ABCABC, trois énoncés (vus en 4ᵉ, à mobiliser en 3ᵉ) :

  1. si MM est le milieu de [AB][AB] et NN le milieu de [AC][AC], alors (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC) — pour prouver un parallélisme ;
  2. dans ce cas, MN=BC2MN = \dfrac{BC}{2} — pour calculer une longueur ;
  3. si MM est le milieu de [AB][AB] et si la parallèle à (BC)(BC) passant par MM coupe [AC][AC] en NN, alors NN est le milieu de [AC][AC] — pour prouver qu’un point est un milieu.

C’est le théorème de Thalès dans le cas particulier où le rapport vaut 12\dfrac{1}{2}. Exemple : BC=9BC = 9 cm, MM et NN milieux de [AB][AB] et [AC][AC] : (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC) et MN=4,5MN = 4{,}5 cm.

Théorème 6 (triangle rectangle et cercle circonscrit). Dans les deux sens :

  • si un triangle ABCABC est rectangle en AA, alors le centre de son cercle circonscrit est le milieu de l’hypoténuse [BC][BC] : [BC][BC] est un diamètre et OA=OB=OC=BC2OA = OB = OC = \dfrac{BC}{2} — en particulier, la médiane issue de l’angle droit mesure la moitié de l’hypoténuse ;
  • réciproquement, si AA est un point d’un cercle de diamètre [BC][BC] (distinct de BB et CC), alors ABCABC est rectangle en AA.

Exemple : un triangle rectangle d’hypoténuse 1010 cm a un cercle circonscrit de rayon 55 cm.

Méthodes

Méthode 1 — calculer une longueur avec le théorème de Pythagore.

  1. Vérifier que le triangle est rectangle et repérer l’hypoténuse (Définition 1).
  2. Écrire l’égalité du Théorème 1 : (hypoteˊnuse)2=(coˆteˊ)2+(coˆteˊ)2(\text{hypoténuse})^2 = (\text{côté})^2 + (\text{côté})^2.
  3. Pour l’hypoténuse, on additionne les carrés ; pour un côté de l’angle droit, on soustrait.
  4. Prendre la racine carrée : garder la valeur exacte (34\sqrt{34}), puis arrondir si l’énoncé le demande.

Exemple résolu : ABCABC rectangle en AA, hypoténuse BC=13BC = 13 cm et AB=12AB = 12 cm. AC2=BC2−AB2=169−144=25AC^2 = BC^2 - AB^2 = 169 - 144 = 25, donc AC=25=5AC = \sqrt{25} = 5 cm.

Méthode 2 — démontrer qu’un triangle est rectangle (ou ne l’est pas).

  1. Repérer le plus grand côté et calculer son carré.
  2. Calculer séparément la somme des carrés des deux autres côtés.
  3. Comparer : égalité → le triangle est rectangle (citer le Théorème 2, réciproque de Pythagore) ; pas d’égalité → il n’est pas rectangle (citer la Propriété 1, contraposée).

Exemple résolu : côtés 55, 1212, 1313. D’une part 132=16913^2 = 169 ; d’autre part 52+122=25+144=1695^2 + 12^2 = 25 + 144 = 169. Égalité : d’après la réciproque du théorème de Pythagore, le triangle est rectangle, et l’angle droit est opposé au côté de 1313.

Méthode 3 — calculer une longueur avec le théorème de Thalès.

  1. Citer les hypothèses : « les droites (MB)(MB) et (NC)(NC) sont sécantes en AA, et (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC) ».
  2. Citer le théorème : « d’après le théorème de Thalès… » et écrire l’égalité des trois rapports (Théorème 3).
  3. Remplacer par les valeurs connues et calculer l’inconnue par produit en croix.

Exemple résolu : AM=4AM = 4, AB=10AB = 10, BC=15BC = 15. D’après le théorème de Thalès, AMAB=ANAC=MNBC\dfrac{AM}{AB} = \dfrac{AN}{AC} = \dfrac{MN}{BC}, donc 410=MN15\dfrac{4}{10} = \dfrac{MN}{15} et MN=4×1510=6MN = \dfrac{4 \times 15}{10} = 6.

Méthode 4 — démontrer que deux droites sont parallèles (ou ne le sont pas).

  1. Calculer séparément les deux rapports AMAB\dfrac{AM}{AB} et ANAC\dfrac{AN}{AC} (les simplifier ou les mettre au même dénominateur).
  2. S’ils sont égaux et si les points sont dans le même ordre sur chaque droite : conclure avec la réciproque de Thalès (Théorème 4), (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC).
  3. S’ils sont différents : conclure avec la contraposée (Propriété 2), les droites ne sont pas parallèles.

Exemple résolu : AM=3AM = 3, AB=4,5AB = 4{,}5, AN=2AN = 2, AC=3AC = 3. 34,5=3045=23\dfrac{3}{4{,}5} = \dfrac{30}{45} = \dfrac{2}{3} et 23\dfrac{2}{3} : rapports égaux, points dans le même ordre, donc (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC) d’après la réciproque du théorème de Thalès.

Méthode 5 — utiliser la droite des milieux.

  1. Identifier ce que l’on cherche : un parallélisme, une longueur ou un milieu.
  2. Choisir l’énoncé correspondant du Théorème 5 : milieux de deux côtés → parallèle (1) et moitié de la longueur (2) ; milieu + parallèle → milieu (3).
  3. Citer les hypothèses (quels points sont des milieux), puis conclure.

Exemple résolu : MM et NN milieux de [AB][AB] et [AC][AC], BC=9BC = 9 cm. D’après le théorème de la droite des milieux, (MN)∥(BC)(MN) \parallel (BC) et MN=92=4,5MN = \dfrac{9}{2} = 4{,}5 cm.

Pièges classiques

  • Théorème ou réciproque ? Il faut nommer le bon. Pour calculer une longueur, on cite le théorème de Pythagore ou de Thalès ; pour démontrer un angle droit ou un parallélisme, on cite la réciproque ; pour démontrer qu’un triangle n’est pas rectangle ou que des droites ne sont pas parallèles, on cite la contraposée.
  • Thalès exige le parallélisme. On ne peut pas appliquer le Théorème 3 si le parallélisme n’est pas donné ou démontré : des rapports écrits sans parallèles n’ont aucune valeur. S’il faut d’abord prouver le parallélisme, on utilise la réciproque (Théorème 4), puis le théorème.
  • Pythagore exige un triangle rectangle. Identifier l’angle droit et l’hypoténuse avant d’écrire l’égalité : l’hypoténuse est seule d’un côté du signe égal.
  • Additionner ou soustraire ? On additionne les carrés pour trouver l’hypoténuse, on soustrait pour un côté de l’angle droit — jamais l’inverse.

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