5ème Géométrie anglestriangleparallélogrammerectanglelosangecarréhauteurmédianemédiatricedémonstration

Géométrie plane : triangles, parallélogrammes et démonstration

Géométrie plane en 5ème : angles alternes-internes et correspondants, somme des angles d'un triangle, hauteurs, médianes, médiatrices et cercle circonscrit, parallélogramme, rectangle, losange et carré, aire du parallélogramme.

Faire le quiz →

Définitions

Définition 1 — codage d’une figure. Les codages portent les données de l’énoncé : des petits traits identiques signalent des segments de même longueur, des arcs identiques des angles de même mesure, un petit carré un angle droit, des flèches identiques des droites parallèles. Une figure se lit par son codage, jamais à la règle : une propriété qui « a l’air » vraie sur le dessin doit être démontrée. Exemple : deux petits traits identiques sur [AB][AB] et [AC][AC] signifient AB=ACAB = AC : le triangle ABCABC est isocèle en AA, même si le dessin semble quelconque.

Définition 2 — angles alternes-internes, angles correspondants. Deux droites coupées par une sécante forment huit angles. Deux angles sont alternes-internes s’ils sont situés de part et d’autre de la sécante et entre les deux droites ; ils sont correspondants s’ils sont situés du même côté de la sécante, l’un entre les deux droites, l’autre à l’extérieur. Exemple : pour les reconnaître, on repère d’abord la sécante, puis la position de chaque angle par rapport à elle.

Définition 3 — hauteur d’un triangle. La hauteur issue de AA dans le triangle ABCABC est la droite qui passe par AA et qui est perpendiculaire au côté opposé (BC)(BC). Exemple : c’est cette hauteur qui sert au calcul d’aire A=b×h2\mathcal{A} = \dfrac{b \times h}{2} (Méthode 4).

Définition 4 — médiane d’un triangle. La médiane issue de AA est la droite qui passe par AA et par le milieu du côté opposé [BC][BC]. Exemple : si II est le milieu de [BC][BC], la médiane issue de AA est la droite (AI)(AI).

Définition 5 — médiatrice d’un segment. La médiatrice de [BC][BC] est la droite perpendiculaire à (BC)(BC) passant par son milieu. Elle ne passe pas forcément par un sommet du triangle. Exemple : dans un triangle, on peut tracer les médiatrices des trois côtés — elles se coupent en un même point (Propriété 4).

Définition 6 — parallélogramme. Un parallélogramme est un quadrilatère dont les côtés opposés sont parallèles deux à deux. Exemple : ABCDABCD est un parallélogramme lorsque (AB)∥(DC)(AB) \parallel (DC) et (AD)∥(BC)(AD) \parallel (BC).

Définition 7 — rectangle, losange, carré. Un rectangle est un parallélogramme qui a quatre angles droits ; un losange est un parallélogramme dont les quatre côtés ont la même longueur ; un carré est à la fois un rectangle et un losange. Exemple : un losange de côté 6 cm a un périmètre de 4×6=244 \times 6 = 24 cm, puisque ses quatre côtés sont égaux.

Propriétés

Propriété 1 — droites parallèles et angles égaux. Si deux droites parallèles sont coupées par une sécante, alors les angles alternes-internes qu’elles forment sont égaux, et les angles correspondants aussi. Cette propriété sert à calculer un angle. Exemple : deux droites parallèles coupées par une sécante forment deux angles alternes-internes ; si l’un mesure 63∘63^\circ, l’autre mesure aussi 63∘63^\circ.

Propriété 2 — angles égaux et droites parallèles (réciproques). Si deux droites coupées par une sécante forment des angles alternes-internes égaux (ou des angles correspondants égaux), alors ces deux droites sont parallèles. Cette propriété sert à démontrer un parallélisme. Exemple : deux angles correspondants de 58∘58^\circ chacun : les droites sont parallèles.

Propriété 3 — somme des angles d’un triangle. Dans tout triangle : A^+B^+C^=180∘\widehat{A} + \widehat{B} + \widehat{C} = 180^\circ.

TriangleConséquence
Équilatéralchaque angle vaut 60∘60^\circ
Isocèleles deux angles à la base sont égaux
Rectangleles deux angles aigus ont une somme de 90∘90^\circ

Démonstration. On trace la parallèle à (BC)(BC) passant par AA. Les angles alternes-internes formés avec les sécantes (AB)(AB) et (AC)(AC) sont égaux (Propriété 1) : on retrouve B^\widehat{B} et C^\widehat{C} de part et d’autre de A^\widehat{A}, et les trois angles réunis en AA forment un angle plat de 180∘180^\circ.

Propriété 4 — médiatrices et cercle circonscrit. Un point appartient à la médiatrice de [AB][AB] si et seulement si il est à égale distance de AA et de BB. Les trois médiatrices d’un triangle sont concourantes : leur point commun, à égale distance des trois sommets, est le centre du cercle circonscrit. Exemple : si ABCABC est isocèle en AA, alors AB=ACAB = AC et AA appartient à la médiatrice de [BC][BC] : cette droite est l’axe de symétrie du triangle, à la fois hauteur et médiane issues de AA. Dans un triangle équilatéral, médiatrices, hauteurs et médianes sont confondues.

Propriété 5 — hauteurs concourantes. Les trois hauteurs d’un triangle sont concourantes : elles passent par un même point. Exemple : dans un triangle qui a un angle obtus, deux des hauteurs tombent à l’extérieur du triangle, mais les trois droites restent concourantes.

Propriété 6 — médiane et partage de l’aire. Une médiane partage un triangle en deux triangles de même aire. Démonstration. Si II est le milieu de [BC][BC], les triangles ABIABI et AICAIC ont des bases de même longueur (BI=ICBI = IC) et la même hauteur, celle issue de AA : donc AABI=BI×h2=IC×h2=AAIC\mathcal{A}_{ABI} = \dfrac{BI \times h}{2} = \dfrac{IC \times h}{2} = \mathcal{A}_{AIC}. Exemple : si l’aire de ABCABC vaut 24 cm224\ \text{cm}^2, chacun des deux triangles a une aire de 12 cm212\ \text{cm}^2 — sans rien mesurer.

Propriété 7 — propriétés du parallélogramme. Dans un parallélogramme : les côtés opposés ont la même longueur ; les angles opposés sont égaux ; deux angles consécutifs ont une somme de 180∘180^\circ ; les diagonales se coupent en leur milieu. Exemple : si A^=70∘\widehat{A} = 70^\circ, alors B^=180−70=110∘\widehat{B} = 180 - 70 = 110^\circ et C^=70∘\widehat{C} = 70^\circ.

Propriété 8 — reconnaître un parallélogramme. Un quadrilatère (non croisé) est un parallélogramme dès que : ses diagonales se coupent en leur milieu, ou ses côtés opposés sont deux à deux de même longueur, ou deux côtés opposés sont parallèles et de même longueur. Exemple : pour une démonstration, la propriété des diagonales est souvent celle qui débloque la situation.

Propriété 9 — reconnaître un rectangle, un losange, un carré. Un parallélogramme est : un rectangle s’il a un angle droit, ou si ses diagonales ont la même longueur ; un losange s’il a deux côtés consécutifs de même longueur, ou si ses diagonales sont perpendiculaires ; un carré s’il est à la fois rectangle et losange. Lecture du codage dans une figure complexe : quatre traits identiques sur les côtés → losange ; quatre angles droits → rectangle ; les deux → carré ; deux paires de flèches → parallélogramme ; une seule paire de côtés parallèles → trapèze.

Méthodes

Méthode 1 — calculer un angle avec des parallèles.

  1. Repérer la sécante et la position des deux angles : alternes-internes ou correspondants (Définition 2).
  2. Vérifier que les deux droites sont parallèles (donnée de l’énoncé ou codage).
  3. Conclure avec la Propriété 1 : les deux angles sont égaux.

Exemple résolu : (d)(d) et (d′)(d') sont parallèles, coupées par une sécante ; un angle alterne-interne mesure 63∘63^\circ. Les droites étant parallèles, l’autre angle alterne-interne mesure aussi 63∘63^\circ.

Méthode 2 — calculer le troisième angle d’un triangle.

  1. Additionner les deux angles connus.
  2. Soustraire le résultat de 180∘180^\circ (Propriété 3).

Exemple résolu : A^=65∘\widehat{A} = 65^\circ et B^=48∘\widehat{B} = 48^\circ : C^=180−(65+48)=180−113=67∘\widehat{C} = 180 - (65 + 48) = 180 - 113 = 67^\circ. Cas isocèle : si ABCABC est isocèle en BB avec B^=130∘\widehat{B} = 130^\circ, les deux angles à la base se partagent 180−130=50∘180 - 130 = 50^\circ : chacun mesure 25∘25^\circ.

Méthode 3 — construire un triangle à partir de données partielles. Pour tracer ABCABC tel que BC=6BC = 6 cm, B^=50∘\widehat{B} = 50^\circ et C^=60∘\widehat{C} = 60^\circ :

  1. Tracer [BC][BC] de 6 cm.
  2. Au rapporteur, tracer la demi-droite d’origine BB formant un angle de 50∘50^\circ avec [BC][BC].
  3. Tracer de même la demi-droite d’origine CC formant un angle de 60∘60^\circ.
  4. Leur intersection est AA.

Vérification : A^\widehat{A} mesure alors 180−(50+60)=70∘180 - (50 + 60) = 70^\circ (Propriété 3).

Méthode 4 — calculer l’aire d’un triangle ou d’un parallélogramme.

  1. Choisir une base bb et identifier la hauteur hh relative à cette base : la distance perpendiculaire, pas la longueur du côté oblique.
  2. Appliquer A=b×h\mathcal{A} = b \times h pour un parallélogramme, A=b×h2\mathcal{A} = \dfrac{b \times h}{2} pour un triangle.

Exemple résolu : un parallélogramme de base 8 cm, de côté oblique 6 cm et de hauteur 5 cm a pour aire 8×5=40 cm28 \times 5 = 40\ \text{cm}^2 — jamais 8×68 \times 6. Pour une figure complexe, on découpe en parallélogrammes, triangles et rectangles, puis on additionne.

Méthode 5 — construire un parallélogramme. Pour tracer GRISGRIS tel que GS=2GS = 2 cm, SI=5SI = 5 cm et GSI^=50∘\widehat{GSI} = 50^\circ :

  1. Tracer le segment [SI][SI] de 5 cm.
  2. Tracer la demi-droite [Sx)[Sx) telle que ISx^=50∘\widehat{ISx} = 50^\circ au rapporteur.
  3. Placer GG sur [Sx)[Sx) tel que SG=2SG = 2 cm.
  4. Construire RR : comme GRISGRIS est un parallélogramme, [GI][GI] et [RS][RS] ont le même milieu (Propriété 7) — ou bien, au compas, RR est à 5 cm de GG et à 2 cm de II (côtés opposés de même longueur).

La construction au compas s’appuie sur la Propriété 8 : un quadrilatère dont les côtés opposés sont deux à deux de même longueur est un parallélogramme.

Méthode 6 — rédiger une démonstration. Une démonstration s’écrit en trois temps : Données (lues dans l’énoncé ou le codage), Propriété (du cours), Conclusion. Pour un parallélogramme particulier, on procède en deux étapes : d’abord montrer que c’est un parallélogramme, ensuite ajouter la propriété du cas particulier.

Exemple résolu — Données : ABCDABCD est un quadrilatère dont les diagonales [AC][AC] et [BD][BD] se coupent en leur milieu OO, et (AC)⊥(BD)(AC) \perp (BD). Propriété : si les diagonales d’un quadrilatère se coupent en leur milieu, c’est un parallélogramme (Propriété 8) ; si les diagonales d’un parallélogramme sont perpendiculaires, c’est un losange (Propriété 9). Conclusion : ABCDABCD est un parallélogramme, puis ABCDABCD est un losange.

Pièges classiques

  • Ne pas confondre une propriété et sa réciproque. « Si les droites sont parallèles, alors les angles alternes-internes sont égaux » (Propriété 1) sert à calculer un angle ; « si les angles alternes-internes sont égaux, alors les droites sont parallèles » (Propriété 2) sert à démontrer le parallélisme.
  • « Diagonales perpendiculaires » ne suffit pas pour conclure à un losange. Un cerf-volant a aussi des diagonales perpendiculaires sans être un losange : il faut d’abord savoir que la figure est un parallélogramme (Propriété 8), puis ajouter la perpendicularité (Propriété 9). De même, un trapèze isocèle a des diagonales de même longueur sans être un rectangle.
  • La hauteur n’est pas le côté oblique. Dans A=b×h\mathcal{A} = b \times h, la hauteur est la distance perpendiculaire entre la base et le côté opposé (Méthode 4) : mesurer le côté oblique donne une aire fausse.

Quiz — Géométrie plane

10 questions · correction immédiate · sans inscription

Tester →