Divisibilité : division euclidienne, multiples et diviseurs
Divisibilité en 5ème : division euclidienne, multiples et diviseurs, critères de divisibilité par 2, 3, 5, 9 et 10, factorisation à l'aide des tables et problèmes de répartition. Prolongement culturel : les nombres premiers.
Définitions
Définition 1 — division euclidienne. Diviser un entier (le dividende) par un entier non nul (le diviseur), c’est trouver deux entiers (le quotient) et (le reste) tels que :
Exemple à retenir : : le quotient est , le reste est .
Définition 2 — multiple et diviseur. Quand le reste vaut zéro, la division est exacte et on emploie deux mots pour la même situation : si , alors est un multiple de , et est un diviseur de . Exemple : : est un multiple de , et est un diviseur de .
Définition 3 — nombre premier (prolongement culturel). Un nombre premier est un entier qui possède exactement deux diviseurs : et lui-même. Exemple : ; ; ; ; ; ; ; ; ; … Le nombre n’est pas premier (un seul diviseur) et est le seul premier pair. Ératosthène a imaginé un « crible » pour les trouver (on barre les multiples de 2, puis de 3, puis de 5…), et Euclide a démontré qu’il en existe une infinité. Ces nombres seront étudiés de plus près en fin de cycle.
Propriétés
Propriété 1 — le reste est plus petit que le diviseur. Dans une division euclidienne, le reste est toujours strictement inférieur au diviseur. Exemple : en divisant par , les restes possibles vont de à . Si tu trouves un reste plus grand que le diviseur, c’est que le quotient est trop petit.
Propriété 2 — critères de divisibilité par 2, 5 et 10. Un nombre entier est divisible :
- par 2 si son chiffre des unités est , , , ou ;
- par 5 si son chiffre des unités est ou ;
- par 10 si son chiffre des unités est .
Exemple : se termine par : il est divisible par , par et par .
Propriété 3 — critères de divisibilité par 3 et par 9. Un nombre entier est divisible :
- par 3 si la somme de ses chiffres est divisible par ;
- par 9 si la somme de ses chiffres est divisible par .
Tout nombre divisible par est divisible par , mais la réciproque est fausse. Exemple : pour , : divisible par mais pas par . Pour , : divisible par et par .
Propriété 4 — factoriser avec les tables. Les tables de multiplication permettent d’écrire certains nombres comme produit de deux entiers différents de . Cette écriture sert à reconnaître des fractions égales et à résoudre des problèmes de partage. Exemple : , , ; et .
Méthodes
Méthode 1 — poser et interpréter une division euclidienne.
- Chercher le plus grand multiple du diviseur inférieur ou égal au dividende.
- Écrire l’égalité et vérifier que (Propriété 1).
- Interpréter le quotient et le reste dans le contexte du problème.
Exemple : 147 élèves répartis par équipes de 16 : . On forme 9 équipes complètes et il reste 3 élèves ; il manquerait élèves pour une dixième équipe.
Méthode 2 — tester si un nombre en divise un autre.
- Poser la division euclidienne de par (ou utiliser un critère de divisibilité).
- Si le reste vaut , alors divise (Définition 2) ; sinon, non.
Exemple : 18 divise-t-il 420 ? : le reste n’est pas nul, donc non. C’est exactement ce que fait un programme avec le bloc « reste de la division » : calculer le reste et regarder s’il vaut 0.
Méthode 3 — dresser la liste des diviseurs.
- Tester les diviseurs par paires dont le produit vaut le nombre, en partant de .
- S’arrêter quand les deux membres de la paire se croisent.
Exemple : pour 28 : , , (, et ne conviennent pas). Les diviseurs de 28 sont ; ; ; ; ; .
Méthode 4 — utiliser les critères de divisibilité.
- Regarder le chiffre des unités pour , et (Propriété 2).
- Calculer la somme des chiffres pour et (Propriété 3).
Exemple : 1980 : il se termine par (divisible par 2, 5, 10) et (divisible par 3 et 9) : les cinq critères s’appliquent.
Méthode 5 — encadrer par des multiples.
- Poser la division euclidienne du nombre visé par .
- Le multiple inférieur est ; le multiple suivant est .
Exemple : le plus petit multiple de 7 strictement supérieur à 100 : , donc c’est . Autre exemple : les multiples de 6 jusqu’à 50 sont — il y en a huit, le suivant, , dépasse 50.
Méthode 6 — résoudre un problème de répartition.
- Traduire le problème par une division euclidienne (Méthode 1).
- Conclure selon le reste : partage exact si , sinon interpréter ce qui reste.
Exemple : répartir 420 livres également sur 18 étagères ? : le reste vaut 6, donc non. Avec 20 ou 21 étagères en revanche, : la répartition est exacte.
Pièges classiques
- « Diviseur » et « division » ne disent pas la même chose : tout nombre peut être divisé par 7 à la calculatrice, mais 7 est un diviseur de 56 uniquement parce que le reste de la division euclidienne est nul (Définition 2).
- Un reste trop grand : si le reste dépasse le diviseur, le quotient est trop petit — on peut encore caser le diviseur une fois de plus (Propriété 1).
- Divisible par 3 n’implique pas divisible par 9 : est divisible par 3 mais pas par 9 ; c’est l’implication inverse qui est toujours vraie (Propriété 3).
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