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Calcul littéral

Calcul littéral en 5ème : conventions d'écriture, réduction de ax + bx, développement et factorisation avec k(a + b), production de formules, démonstration avec une lettre, lettre inconnue et résolution des équations ax = c et x + b = c.

Définitions

Définition 1 — expression littérale et rôles de la lettre. Une expression littérale est une expression contenant une ou plusieurs lettres qui représentent des nombres. La lettre peut jouer quatre rôles :

RôleExempleCe que représente la lettre
FormuleP=2ℓ+2LP = 2\ell + 2Lune grandeur qui varie
Programme de calcul(n+2)×3−6(n+2) \times 3 - 6le nombre choisi au départ
Démonstration« la somme de deux entiers consécutifs est impaire »n’importe quel nombre
Équation3x=4,53x = 4{,}5un nombre inconnu, que l’on cherche

Le rôle « démonstration » fait toute la puissance du calcul littéral : une seule ligne démontre une propriété pour une infinité de nombres.

Définition 2 — conventions d’écriture. On supprime le signe ×\times devant une lettre ou une parenthèse, et on place le nombre en premier : 2a2a, abab, 2πr2\pi r. Une multiplication répétée s’écrit avec un exposant : a2=a×aa^2 = a \times a et a3=a×a×aa^3 = a \times a \times a. On garde le signe ×\times entre deux nombres : 3×53 \times 5, jamais 3535. Exemple : 3×x×2=6x3 \times x \times 2 = 6x ; π×r×r=πr2\pi \times r \times r = \pi r^2 ; x×5+1=5x+1x \times 5 + 1 = 5x + 1.

Définition 3 — équation, inconnue, solution. Une équation est une égalité contenant une lettre, l’inconnue, qui désigne un nombre que l’on cherche. Une solution est une valeur de l’inconnue qui rend l’égalité vraie. Exemple : dans 3x=4,53x = 4{,}5, l’inconnue est xx et la solution est 1,51{,}5, car 3×1,5=4,53 \times 1{,}5 = 4{,}5. Au IXᵉ siècle, Al-Khwarizmi appelait l’inconnue « la chose » ; le mot al-jabr de son traité a donné le mot algèbre.

Propriétés

Propriété 1 — distributivité simple. Pour tous nombres kk, aa et bb :

k(a+b)=ka+kbk(a−b)=ka−kbk(a + b) = ka + kb \qquad\qquad k(a - b) = ka - kb

Développer transforme un produit en somme (lecture de gauche à droite) ; factoriser transforme une somme en produit (lecture de droite à gauche). Exemple : 5(x+3)=5x+155(x + 3) = 5x + 15 (développement) ; 7x+14=7(x+2)7x + 14 = 7(x + 2) (factorisation).

Propriété 2 — réduction. Pour tous nombres décimaux aa et bb :

ax+bx=(a+b)xax + bx = (a + b)x

C’est la distributivité lue à l’envers : on ne peut regrouper que des termes ayant exactement la même partie littérale. Exemple : 5,2x+3,4x=8,6x5{,}2x + 3{,}4x = 8{,}6x, mais 4a+2b4a + 2b et 3x+5x23x + 5x^2 ne se réduisent pas.

Propriété 3 — un contre-exemple suffit. Pour prouver que deux expressions ne sont pas égales, il suffit d’une seule valeur qui les sépare. En revanche, des valeurs qui donnent le même résultat ne prouvent rien. Exemple : pour x=2x = 2, 4+3x=104 + 3x = 10 et 7x=147x = 14 : les deux expressions ne sont pas égales — même si pour x=1x = 1 elles valent toutes les deux 77.

Propriété 4 — pairs, impairs et multiples. Avec nn entier :

ÉnoncéÉcriture littérale
Un entier pair2n2n
Un entier impair2n+12n + 1
Un multiple de 33n3n
L’entier qui suit nnn+1n + 1
L’entier qui précède nnn−1n - 1

Exemple : pour n=4n = 4, 2n=82n = 8 est pair et 2n+1=92n + 1 = 9 est impair.

Méthodes

Méthode 1 — simplifier une écriture.

  1. Regrouper les nombres entre eux et les multiplier.
  2. Supprimer les signes ×\times devant les lettres et écrire le nombre en premier (Définition 2), avec un exposant pour une lettre répétée.

Exemple : 3×x×2=6x3 \times x \times 2 = 6x et 5×a+3×b=5a+3b5 \times a + 3 \times b = 5a + 3b.

Méthode 2 — réduire une expression.

  1. Repérer les termes qui ont exactement la même partie littérale.
  2. Additionner (ou soustraire) leurs nombres, sans changer la lettre (Propriété 2).

Exemple : 2,4x−2,1x=0,3x2{,}4x - 2{,}1x = 0{,}3x (la lettre ne disparaît pas !) ; 7y−y=6y7y - y = 6y car y=1yy = 1y ; 3x+5x23x + 5x^2 ne se réduit pas.

Méthode 3 — développer ou factoriser.

  1. Pour développer k(a+b)k(a + b) : multiplier kk par chacun des termes de la parenthèse (Propriété 1).
  2. Pour factoriser : repérer un facteur commun aux termes, et le mettre en avant.
  3. Vérifier avec une valeur simple.

Exemple : 5(x+3)=5x+155(x + 3) = 5x + 15 ; à l’envers, 7x+14=7(x+2)7x + 14 = 7(x + 2). Vérification pour x=1x = 1 : 5(1+3)=205(1+3) = 20 et 5×1+15=205 \times 1 + 15 = 20.

Méthode 4 — substituer une valeur.

  1. Remplacer chaque lettre par sa valeur, en rétablissant les signes ×\times cachés.
  2. Calculer en respectant les priorités opératoires.

Exemple : pour x=2x = 2 et y=1y = 1 : 3x+5y=3×2+5×1=6+5=113x + 5y = 3 \times 2 + 5 \times 1 = 6 + 5 = 11 ; pour a=8a = 8 : 7a=567a = 56.

Méthode 5 — tester une égalité.

  1. Choisir une valeur et calculer les deux expressions (Méthode 4).
  2. Si les résultats diffèrent, les expressions ne sont pas égales : un contre-exemple suffit (Propriété 3).
  3. Si les résultats coïncident, tester d’autres valeurs — mais seule une preuve littérale garantit l’égalité pour toutes les valeurs.

Exemple : 4+3x4 + 3x et 7x7x : pour x=0x = 0, elles valent 44 et 00 : elles ne sont pas égales.

Méthode 6 — produire une formule.

  1. Observer la régularité sur les premières étapes (combien on ajoute à chaque fois, d’où on part).
  2. Écrire l’expression en fonction de nn, puis la vérifier sur une étape connue.

Exemple : 4 carrés à l’étape 1, puis 7, puis 10 : on ajoute 3 à chaque étape en partant de 4, d’où la formule 3n+13n + 1. Vérification : pour n=3n = 3, 3×3+1=103 \times 3 + 1 = 10. De même, l’aire d’un carré de côté cc est A=c2\mathcal{A} = c^2.

Méthode 7 — résoudre une équation par l’opération inverse.

  1. Traduire le problème par une équation du type ax=cax = c ou x+b=cx + b = c (Définition 3).
  2. Défaire l’opération : une multiplication se défait en divisant, une addition en soustrayant.
  3. Vérifier en remplaçant l’inconnue par la valeur trouvée.
ÉquationOpération à défaireSolutionVérification
3x=4,53x = 4{,}5une multiplication → on divisex=4,5÷3=1,5x = 4{,}5 \div 3 = 1{,}53×1,5=4,53 \times 1{,}5 = 4{,}5
x+7,5=12x + 7{,}5 = 12une addition → on soustraitx=12−7,5=4,5x = 12 - 7{,}5 = 4{,}54,5+7,5=124{,}5 + 7{,}5 = 12
x−2,4=6x - 2{,}4 = 6une soustraction → on ajoutex=6+2,4=8,4x = 6 + 2{,}4 = 8{,}48,4−2,4=68{,}4 - 2{,}4 = 6

Exemple : trois carnets identiques coûtent 4,504{,}50 € : l’équation est 3x=4,53x = 4{,}5, donc un carnet coûte x=1,50x = 1{,}50 €. Écrire l’équation, c’est déjà la moitié du travail.

Méthode 8 — démontrer avec une lettre.

  1. Appeler nn un nombre quelconque et traduire l’énoncé avec les écritures de la Propriété 4.
  2. Transformer l’expression (réduire, factoriser) pour faire apparaître la forme voulue.
  3. Conclure : le résultat vaut pour tous les nombres.

Exemple 1 : la somme de deux entiers consécutifs est n+(n+1)=2n+1n + (n + 1) = 2n + 1, forme générale d’un impair : c’est démontré pour tous les entiers. Exemple 2 : n+(n+1)+(n+2)=3n+3=3(n+1)n + (n+1) + (n+2) = 3n + 3 = 3(n + 1), un multiple de 3.

Pièges classiques

  • 3x3x et x3x^3 ne veulent pas dire la même chose : 3x=x+x+x3x = x + x + x (addition répétée) et x3=x×x×xx^3 = x \times x \times x (multiplication répétée). Pour x=2x = 2 : 3x=63x = 6 mais x3=8x^3 = 8.
  • 4+3x≠7x4 + 3x \neq 7x : on ne peut pas additionner 44 et 3x3x, leurs parties littérales diffèrent (Propriété 2). Un contre-exemple le prouve (Propriété 3).
  • La lettre ne disparaît pas dans une réduction : 2,4x−2,1x=0,3x2{,}4x - 2{,}1x = 0{,}3x, et non 0,30{,}3.

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