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Équations du premier degré

Équations en 4ème : tester si un nombre est solution, résoudre une équation du premier degré du type ax + b = cx + d, mettre un problème en équation, conjecturer une solution avec un tableur ou un algorithme.

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Définitions

Définition 1 — équation, inconnue, membres. Une équation est une égalité où figure un nombre inconnu, désigné par une lettre (l’inconnue). Les deux expressions de part et d’autre du signe == sont les membres de l’équation.

5x−6⏟membre de gauche=3x+2⏟membre de droite\underbrace{5x - 6}_{\text{membre de gauche}} = \underbrace{3x + 2}_{\text{membre de droite}}

Exemple : dans 5x−6=3x+25x - 6 = 3x + 2, l’inconnue est xx.

Définition 2 — solution d’une équation. Une solution est une valeur de l’inconnue qui rend l’égalité vraie. Résoudre l’équation, c’est trouver toutes ses solutions. Exemple : 4 est solution de 5x−6=3x+25x - 6 = 3x + 2, car 5×4−6=145 \times 4 - 6 = 14 et 3×4+2=143 \times 4 + 2 = 14.

Propriétés

Une équation est une balance en équilibre : elle reste équilibrée si l’on fait la même chose des deux côtés.

Propriété 1 — ajouter ou soustraire aux deux membres. On ne change pas les solutions d’une équation en ajoutant ou en soustrayant un même nombre aux deux membres. Exemple : x+9=5x + 9 = 5 devient, en soustrayant 9 des deux côtés, x=5−9=−4x = 5 - 9 = -4.

Propriété 2 — multiplier ou diviser les deux membres. On ne change pas les solutions d’une équation en multipliant ou en divisant les deux membres par un même nombre non nul. Exemple : 7x=57x = 5 devient, en divisant par 7, x=57x = \dfrac{5}{7} ; et x12=14\dfrac{x}{12} = \dfrac{1}{4} devient, en multipliant par 12, x=124=3x = \dfrac{12}{4} = 3.

Propriété 3 — nombre de solutions. Une équation du premier degré du type ax+b=cx+dax + b = cx + d a, sauf cas particuliers, une seule solution. Exemple : 2x+5=−x−42x + 5 = -x - 4 a pour seule solution −3-3. (Cas particuliers : x+1=x+1x + 1 = x + 1 est vraie pour tout nombre ; x=x+1x = x + 1 n’a aucune solution.)

Méthodes

Méthode 1 — tester si un nombre est solution.

  1. Remplacer l’inconnue par le nombre dans chaque membre séparément.
  2. Comparer : si les deux membres donnent le même résultat, le nombre est solution (Définition 2).

Exemple : 4 est-il solution de 3x+2=83x + 2 = 8 ? Gauche : 3×4+2=143 \times 4 + 2 = 14 ; droite : 88. Non. Tester permet de vérifier une solution, pas de la trouver : il faudrait essayer une infinité de nombres.

Méthode 2 — conjecturer avec un tableur ou un algorithme.

  1. Faire calculer un membre (ou les deux) pour de nombreuses valeurs de l’inconnue : valeurs de xx en colonne A, formule en colonne B.
  2. Repérer la ligne où l’égalité est vraie (solution exacte) ou là où la différence des membres change de signe (solution encadrée) ; affiner le pas si besoin.
  3. Conclure prudemment : c’est une conjecture, que seule la résolution algébrique démontre (Méthode 3).

Exemple : pour 3x+2=83x + 2 = 8, on écrit les valeurs de xx en colonne A et la formule =3*A1+2 en B1, recopiée vers le bas.

La colonne B affiche 8 en face de x=2x = 2 : on conjecture x=2x = 2. Quand la solution n’est pas entière, le tableur l’encadre : pour 4x+2=04x + 2 = 0, la colonne =4*A1+2 passe de 22 (pour x=0x = 0) à −2-2 (pour x=−1x = -1) : la solution est entre −1-1 et 00 ; en affinant par dixièmes on trouve −0,5-0{,}5. Avec un algorithme, c’est le même principe :

pour x allant de 0 à 10
    si 3*x + 2 = 8 alors afficher x

Méthode 3 — résoudre une équation du premier degré.

  1. S’il y a des parenthèses, développer d’abord ; s’il y a un dénominateur, multiplier les deux membres pour le faire disparaître (Propriété 2).
  2. Regrouper les termes en xx d’un côté, les nombres de l’autre (Propriété 1).
  3. Diviser les deux membres par le coefficient de xx (Propriété 2).
  4. Vérifier en reportant la valeur trouvée dans l’équation de départ (Méthode 1).

Exemple : 5x−7=35x - 7 = 3 : on ajoute 7 (5x=105x = 10) puis on divise par 5 (x=2x = 2). Avec des xx des deux côtés : 2x+5=−x−42x + 5 = -x - 4 : on ajoute xx (3x+5=−43x + 5 = -4), on soustrait 5 (3x=−93x = -9), on divise par 3 (x=−3x = -3) ; vérification : 2(−3)+5=−12(-3) + 5 = -1 et −(−3)−4=−1-(-3) - 4 = -1. Avec parenthèses : 3(x−2)=x+43(x - 2) = x + 4 donne 3x−6=x+43x - 6 = x + 4, puis 2x=102x = 10, donc x=5x = 5.

Méthode 4 — mettre un problème en équation.

  1. Choisir l’inconnue : ce que l’on cherche, en précisant l’unité.
  2. Traduire chaque information de l’énoncé par une expression littérale.
  3. Écrire l’égalité imposée par l’énoncé, résoudre (Méthode 3), puis répondre à la question posée en vérifiant la cohérence.

Exemple : un triangle équilatéral de côté xx et un carré de côté x−2x - 2 ont le même périmètre : 3x=4(x−2)=4x−83x = 4(x - 2) = 4x - 8, d’où x=8x = 8 — triangle de côté 8 cm, carré de côté 6 cm, périmètres de 24 cm. Autre exemple : Jules a 3 ans de plus que sa sœur et à eux deux ils ont 21 ans : x+(x+3)=21x + (x + 3) = 21, soit 2x=182x = 18 et x=9x = 9 : la sœur a 9 ans, Jules 12 ans.

Pièges classiques

  • Changer de côté, c’est changer de signe — mais seulement pour les termes. Dans 5x=105x = 10, le 5 multiplie xx : on divise, x=2x = 2. Écrire x=10−5=5x = 10 - 5 = 5 est l’erreur classique. Un terme qui s’ajoute passe de l’autre côté en se soustrayant ; un facteur qui multiplie passe de l’autre côté en divisant.
  • Toujours vérifier la solution en la substituant dans l’équation de départ (pas dans une ligne intermédiaire, qui peut déjà contenir l’erreur).
  • Un tableur ou un algorithme ne démontre pas : il fournit une conjecture (exacte ou approchée) ; seule la résolution algébrique prouve qu’il n’y a pas d’autre solution.

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