4ème Algèbre calcul littéraldévelopperfactoriserréduiredistributivitéprogramme de calculdémonstration

Calcul littéral

Calcul littéral en 4ème : produire une formule, somme ou produit, distributivité simple pour développer, factoriser et réduire, démontrer avec le calcul littéral (programmes de calcul, nombres pairs et impairs).

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Définitions

Définition 1 — expression littérale et formule. Une expression littérale contient une ou plusieurs lettres qui désignent des nombres quelconques. Une formule est une expression littérale valable pour toutes les valeurs de la lettre ; on peut tester sa vraisemblance en remplaçant la lettre par quelques nombres (substitution).

SituationFormule
Aire d’un rectangle de côtés xx et x+3x + 3x(x+3)x(x + 3)
Périmètre d’un triangle isocèle de base bb et de côtés ccb+2cb + 2c
Un entier pair2n2n
Un entier impair2n+12n + 1
Deux entiers consécutifsnn et n+1n + 1

Exemple : pour x=2x = 2, le rectangle 2×52 \times 5 a bien pour aire x(x+3)=2×5=10x(x+3) = 2 \times 5 = 10.

Définition 2 — somme et produit. Une expression est une somme si sa dernière opération est une addition ou une soustraction, un produit si c’est une multiplication. On identifie cette structure en imaginant le calcul avec un nombre à la place de la lettre.

ExpressionDernière opérationNature
3x+123x + 12une additionsomme
3(x+4)3(x + 4)une multiplicationproduit
5x−2x25x - 2x^2une soustractionsomme (différence)
x(x−1)x(x - 1)une multiplicationproduit

Exemple : dans 3(x+4)3(x + 4), si x=2x = 2 on calcule 3×63 \times 6 en dernier : c’est un produit.

Définition 3 — développer, factoriser, réduire. Développer, c’est transformer un produit en somme. Factoriser, c’est l’inverse : transformer une somme en produit. Réduire, c’est regrouper les termes de même partie littérale. Exemple : développer 3(x+4)=3x+123(x + 4) = 3x + 12 ; factoriser 3x+12=3(x+4)3x + 12 = 3(x + 4) ; réduire 3x+5x=8x3x + 5x = 8x.

Propriétés

Propriété 1 — distributivité simple. Pour tous nombres kk, aa et bb :

k(a+b)=ka+kbk(a−b)=ka−kbk(a + b) = ka + kb \qquad\qquad k(a - b) = ka - kb

C’est la propriété du chapitre. Elle se lit dans les deux sens : de gauche à droite pour développer, de droite à gauche pour factoriser. Exemple : 3(4x−2)=12x−63(4x - 2) = 12x - 6 et, dans l’autre sens, 12x−30=6(2x−5)12x - 30 = 6(2x - 5).

Propriété 2 — conventions d’écriture et automatismes. Le signe ×\times s’efface devant une lettre ou une parenthèse :

3×x=3x1×x=xx+x=2xx×x=x23 \times x = 3x \qquad 1 \times x = x \qquad x + x = 2x \qquad x \times x = x^2 3x+2x=5x3x×2x=6x23x + 2x = 5x \qquad\qquad 3x \times 2x = 6x^2

Exemple : xx et x2x^2 ne se regroupent pas : 12x+24x212x + 24x^2 est déjà réduit.

Propriété 3 — pairs, impairs et consécutifs. Pour nn entier : un entier pair s’écrit 2n2n, un entier impair s’écrit 2n+12n + 1, deux entiers consécutifs s’écrivent nn et n+1n + 1. Exemple : pour n=4n = 4, 2n=82n = 8 est pair et 2n+1=92n + 1 = 9 est impair. Un nombre est pair exactement quand il se factorise par 2.

Méthodes

Méthode 1 — produire une formule et tester par substitution.

  1. Désigner le nombre inconnu ou variable par une lettre.
  2. Traduire la situation en expression littérale (Définition 1).
  3. Tester la vraisemblance en remplaçant la lettre par une ou deux valeurs — et tester de même si une égalité est vraie pour une valeur donnée, en calculant chaque membre séparément.

Exemple : un carré de côté xx accolé à un rectangle de xx sur 4 a pour aire x2+4xx^2 + 4x. Pour x=1x = 1 : 1+4=51 + 4 = 5, ce qui correspond bien à la figure de largeur 1 et de longueur 5.

Méthode 2 — développer et réduire.

  1. Distribuer le facteur sur chaque terme de la parenthèse (Propriété 1), en appliquant la règle des signes.
  2. Réduire : regrouper les termes en xx, les termes en x2x^2, les nombres (Propriété 2).

Exemple : 3x(4+8x)=12x+24x23x(4 + 8x) = 12x + 24x^2 ; 17x+4x(5−x)=17x+20x−4x2=37x−4x217x + 4x(5 - x) = 17x + 20x - 4x^2 = 37x - 4x^2 ; 6(3−1,5x)−9x=18−9x−9x=18−18x6(3 - 1{,}5x) - 9x = 18 - 9x - 9x = 18 - 18x. Attention aux signes : −2(x−4)=−2x+8-2(x - 4) = -2x + 8, car moins fois moins donne plus.

Méthode 3 — factoriser.

  1. Chercher le plus grand facteur commun à tous les termes (aux nombres et aux lettres).
  2. L’écrire devant, et mettre entre parenthèses ce qui reste de chaque terme (Propriété 1 lue de droite à gauche).
  3. Vérifier en redéveloppant : on doit retomber sur l’expression de départ.

Exemple : 12x−30=6×2x−6×5=6(2x−5)12x - 30 = 6 \times 2x - 6 \times 5 = 6(2x - 5) ; 15x2+18x=3x×5x+3x×6=3x(5x+6)15x^2 + 18x = 3x \times 5x + 3x \times 6 = 3x(5x + 6) ; 27x+3=3×9x+3×1=3(9x+1)27x + 3 = 3 \times 9x + 3 \times 1 = 3(9x + 1) — le terme 3 devient 1, ne pas l’oublier.

Méthode 4 — comparer deux programmes de calcul.

  1. Traduire chaque programme en expression littérale (Méthode 1).
  2. Développer et réduire chaque expression (Méthode 2).
  3. Si les expressions réduites sont identiques, les programmes donnent le même résultat pour tous les nombres ; essayer des valeurs ne prouve rien, elles pourraient coïncider par hasard.

Exemple : programme A « tripler, ajouter 15 » : 3x+153x + 15 ; programme B « ajouter 5, multiplier par 3 » : 3(x+5)=3x+153(x + 5) = 3x + 15. Les expressions sont identiques : les programmes sont équivalents.

Méthode 5 — démontrer avec le calcul littéral.

  1. Désigner le ou les nombres par des lettres, en utilisant les bonnes écritures : pair =2n= 2n, impair =2n+1= 2n + 1 (Propriété 3).
  2. Traduire la propriété en expression, développer et réduire (Méthode 2), souvent factoriser par 2 pour conclure (Méthode 3).
  3. Pour réfuter une affirmation, un seul contre-exemple suffit.

Exemple : la somme de deux entiers impairs consécutifs, (2n+1)+(2n+3)=4n+4=2(2n+2)(2n + 1) + (2n + 3) = 4n + 4 = 2(2n + 2), est 2 fois un entier : elle est paire pour tout nn — les exemples 3+5=83 + 5 = 8 ou 7+9=167 + 9 = 16 ne font que le suggérer. De même, le produit de deux entiers consécutifs n(n+1)n(n + 1) est toujours pair : l’un des deux facteurs est pair.

Pièges classiques

  • Une factorisation incomplète n’est pas terminée : 12x−30=2(6x−15)12x - 30 = 2(6x - 15) est exact, mais 6x−156x - 15 contient encore un facteur 3 ; la réponse attendue est 6(2x−5)6(2x - 5). Après avoir factorisé, vérifier que les nombres restés dans la parenthèse n’ont plus de diviseur commun.
  • xx et x2x^2 ne se regroupent pas : 12x+24x212x + 24x^2 est déjà réduit ; et 3x×8x=24x23x \times 8x = 24x^2, pas 24x24x.
  • Attention aux signes en développant : dans −2(x−4)-2(x - 4), le facteur −2-2 multiplie chaque terme, y compris le −4-4 : −2(x−4)=−2x+8-2(x - 4) = -2x + 8.
  • Des exemples ne démontrent pas : ils peuvent suggérer une propriété (ou la réfuter, par contre-exemple), mais seule une expression littérale prouve « pour tous les nombres ».

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